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TVA collectée, déductible, à décaisser : comprendre sa déclaration de TVA en 2026

TVA collectée déductible à décaisser 2026

Thématique : Comptabilité

TVA collectée, TVA déductible, TVA à décaisser... ces termes reviennent à chaque échéance déclarative, mais restent souvent flous pour beaucoup de dirigeants qui délèguent entièrement cette démarche à leur expert-comptable, sans en comprendre la mécanique. Pourtant, savoir comment se calcule et se déclare la TVA aide à anticiper sa trésorerie, à choisir le bon régime déclaratif, et à éviter les mauvaises surprises en cas de croissance rapide. Ce guide détaille, étape par étape, le fonctionnement de la déclaration de TVA en 2026.

Les trois notions clés à distinguer

La mécanique de la TVA repose sur trois notions qu'il est indispensable de bien différencier avant d'aborder les régimes déclaratifs.

NotionDéfinition
TVA collectéeTVA facturée aux clients sur les ventes de biens ou de services réalisées par l'entreprise
TVA déductibleTVA payée sur les achats professionnels (fournisseurs, immobilisations), récupérable auprès de l'administration
TVA à décaisserDifférence entre la TVA collectée et la TVA déductible, à reverser à l'administration fiscale
TVA à décaisser = TVA collectée − TVA déductible Si le résultat est positif : l'entreprise doit reverser la différence à l'État Si le résultat est négatif : l'entreprise dispose d'un crédit de TVA

Les trois régimes de TVA applicables aux entreprises

Toutes les entreprises ne sont pas soumises aux mêmes obligations déclaratives : le régime applicable dépend du chiffre d'affaires réalisé.

RégimeSeuil de chiffre d'affairesObligation déclarative
Franchise en base de TVAJusqu'à 37 500 € (services) ou 85 000 € (ventes de biens), selon les seuils en vigueurAucune déclaration de TVA
Régime réel simplifiéEn dessous de 254 000 € (services) ou 840 000 € (ventes de biens)Une déclaration annuelle (CA12) + deux acomptes semestriels
Régime réel normalAu-delà de 254 000 € (services) ou 840 000 € (ventes de biens)Une déclaration mensuelle (CA3), ou trimestrielle si la TVA due annuelle est inférieure à 4 000 €

Les deux régimes réels reposent sur exactement la même base de calcul : l'entreprise collecte la TVA sur ses ventes et déduit celle payée sur ses achats, et le montant total reversé à l'État est identique dans les deux cas. La seule différence porte sur la fréquence des déclarations et des paiements.

Déclaration de TVA CA3 CA12 - Arona Expertise Meylan
Arona Expertise accompagne les entreprises de l'Isère dans leurs déclarations de TVA

Le régime réel normal : la déclaration CA3

Les entreprises relevant du régime réel normal déposent une déclaration CA3 (formulaire n° 3310-CA3-SD) chaque mois, ou chaque trimestre si le montant de TVA due sur l'année reste inférieur à 4 000 €. Cette déclaration récapitule la TVA collectée et la TVA déductible du mois ou du trimestre concerné, et détermine le montant à reverser (ou le crédit de TVA constaté).

Le dépôt s'effectue en ligne, entre le 15 et le 24 du mois suivant la période concernée, la date exacte dépendant de la forme juridique de l'entreprise et de son département. Le paiement du solde est simultané au dépôt de la déclaration.

Le régime réel simplifié : la déclaration CA12 et les acomptes

Les entreprises relevant du régime réel simplifié bénéficient d'une charge administrative allégée : une seule déclaration annuelle, le formulaire CA12, remplace les douze déclarations mensuelles du régime réel normal. Cette déclaration annuelle est accompagnée de deux acomptes semestriels versés en juillet et en décembre, calculés sur la base de la TVA due au titre de l'exercice précédent.

Exemple : TVA due au titre de l'exercice précédent = 20 000 € Acompte de juillet : environ 55 % de la TVA N−1 Acompte de décembre : environ 40 % de la TVA N−1 Solde régularisé lors du dépôt de la CA12 de l'année suivante, en comparant les acomptes versés à la TVA réellement due
⚠️ Une sortie automatique en cas de forte croissance : si la TVA effectivement due au titre d'un exercice dépasse 15 000 €, l'entreprise ne peut plus bénéficier du régime simplifié l'exercice suivant, même si son chiffre d'affaires reste dans les seuils autorisés. Elle bascule alors obligatoirement vers une déclaration mensuelle CA3. L'entreprise ne prend généralement connaissance de ce dépassement qu'au moment du dépôt de sa CA12, ce qui peut créer un effet de surprise à anticiper si l'activité progresse rapidement.
Régime simplifié TVA CA12 acomptes - Arona Expertise
Cabinet Arona Expertise : Meylan, Inovallée

Le crédit de TVA : reporter ou demander un remboursement

Lorsque la TVA déductible dépasse la TVA collectée sur une période donnée, l'entreprise dispose d'un crédit de TVA. Ce crédit peut être reporté sur les déclarations suivantes, imputé sur la TVA due lors des prochaines échéances, ou faire l'objet d'une demande de remboursement auprès de l'administration.

  • Au régime réel normal, la demande de remboursement s'effectue via le formulaire n° 3519, en complément de la déclaration mensuelle ou trimestrielle
  • Au régime réel simplifié, la demande s'effectue via le formulaire n° 3517-DDR, en complément de la déclaration annuelle

Une entreprise qui anticipe des investissements importants générant un crédit de TVA structurel peut avoir intérêt à opter pour le régime réel normal, plutôt que le régime simplifié, afin de récupérer plus rapidement ses crédits de TVA au fil de l'année plutôt que d'attendre la régularisation annuelle.

Les sanctions en cas de retard

Un dépôt tardif de la déclaration de TVA, qu'il s'agisse d'une CA3 ou d'une CA12, entraîne une majoration de 10 % de la TVA due, à laquelle s'ajoutent des intérêts de retard. Au-delà du coût financier direct, un retard récurrent augmente également le risque de contrôle et de demandes de justificatifs complémentaires de la part de l'administration.

Un changement réglementaire à surveiller

La réglementation de la TVA fait l'objet d'une recodification engagée par l'ordonnance du 17 décembre 2025 : les dispositions relatives à la TVA basculent progressivement du Code général des impôts vers le nouveau Code des impositions sur les biens et les services (CIBS), à compter du 1er septembre 2026. Ce changement est avant tout d'ordre juridique et de numérotation des articles ; il ne modifie pas, à ce stade, les seuils, les taux ou les mécanismes déclaratifs présentés dans ce guide, mais mérite d'être suivi dans les mois à venir.

Ce qu'il faut retenir

  • La TVA à décaisser correspond à la différence entre la TVA collectée sur les ventes et la TVA déductible sur les achats
  • Trois régimes coexistent selon le chiffre d'affaires : franchise en base (pas de déclaration), réel simplifié (CA12 + 2 acomptes) et réel normal (CA3 mensuelle ou trimestrielle)
  • Au régime simplifié, un dépassement de 15 000 € de TVA due entraîne une sortie automatique vers le régime réel normal l'exercice suivant
  • Un crédit de TVA peut être reporté ou remboursé, selon des formulaires différents selon le régime applicable
  • Un dépôt tardif entraîne une majoration de 10 % de la TVA due, en plus des intérêts de retard
  • La réglementation TVA est en cours de recodification vers le Code des impositions sur les biens et les services, effective au 1er septembre 2026

FAQ : TVA collectée, déductible et à décaisser

Non. Les deux régimes reposent sur exactement la même base de calcul : la TVA collectée sur les ventes, diminuée de la TVA déductible sur les achats. Le montant total de TVA reversé à l'État est identique dans les deux cas ; seule la fréquence des déclarations et des paiements diffère.

Si la TVA effectivement due au titre d'un exercice dépasse 15 000 €, l'entreprise ne peut plus bénéficier du régime simplifié l'exercice suivant et bascule obligatoirement vers une déclaration mensuelle CA3. Ce dépassement n'est généralement constaté qu'au moment du dépôt de la CA12, ce qui peut nécessiter un ajustement rapide de l'organisation comptable de l'entreprise.

Oui, une entreprise peut opter pour le régime réel normal même si elle relève, en principe, du régime simplifié. Cette option peut être pertinente pour lisser la trésorerie sur l'année et récupérer plus rapidement d'éventuels crédits de TVA, notamment en phase d'investissement important.

Un crédit de TVA peut être reporté sur les déclarations suivantes et imputé sur la TVA due ultérieurement, ou faire l'objet d'une demande de remboursement. Au régime réel normal, cette demande s'effectue via le formulaire n° 3519 ; au régime réel simplifié, via le formulaire n° 3517-DDR, en complément de la déclaration annuelle.

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Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l'Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.

Sources : impots.gouv.fr (les régimes d'imposition à la TVA), ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025, article 287-2 du Code général des impôts

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