Impôt sur les sociétés en 2026 : taux, calcul, acomptes et échéances
Temps de lecture : 8 min | Thématique : Fiscalité
L’impôt sur les sociétés (IS) est l’impôt qui frappe le bénéfice fiscal des sociétés de capitaux. Contrairement aux idées reçues, il ne s’applique pas au chiffre d’affaires mais au résultat imposable : une société qui réalise un chiffre d’affaires élevé sans bénéfice ne doit en principe aucun IS. En 2026, la trajectoire de baisse engagée depuis 2017 est achevée : le taux normal est stabilisé à 25 % depuis 2022, et les PME éligibles bénéficient toujours du taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice. Ce guide est exclusivement sourced sur impots.gouv.fr, economie.gouv.fr et service-public.fr (vérifié le 17 février 2026).
Qui est soumis à l’IS ?
Certaines sociétés sont soumises à l’IS de plein droit dès leur création, sans possibilité d’option contraire (art. 206 du CGI) :
- Les sociétés de capitaux : SA, SAS, SASU, SARL, EURL (lorsque l’associé unique est une personne morale), SCA
- Les sociétés coopératives et leurs unions (sauf exceptions)
- Les associations exerçant une activité lucrative
D’autres sociétés relèvent par défaut de l’impôt sur le revenu (IR) mais peuvent opter pour l’IS sous certaines conditions : SNC, certaines EURL (associé unique personne physique), sociétés civiles exerçant une activité commerciale. Depuis 2022, l’entrepreneur individuel peut également opter pour l’IS.
Les deux taux de l’IS en 2026
Le taux de l’IS est fixé par l’article 219 du CGI. En 2026, deux taux coexistent (source : economie.gouv.fr, impots.gouv.fr) :
| Taux | Applicable à | Conditions |
|---|---|---|
| 25 % — Taux normal | L’intégralité du bénéfice imposable (ou la fraction au-delà de 42 500 € pour les PME éligibles) | S’applique à toutes les sociétés. Inchangé depuis le 1er janvier 2022 |
| 15 % — Taux réduit PME | La fraction du bénéfice imposable n’excédant pas 42 500 € par exercice de 12 mois | 3 conditions cumulatives (voir ci-dessous) |
Les 3 conditions du taux réduit à 15 %
Pour bénéficier du taux réduit, la société doit remplir cumulativement les trois conditions suivantes (art. 219 I-b du CGI, source : impots.gouv.fr) :
- CA HT inférieur ou égal à 10 millions d’euros sur l’exercice. Pour une société appartenant à un groupe, c’est le chiffre d’affaires du groupe qui est retenu (arrêt Conseil d’État du 13 mars 2025, communiqué DGFiP du 14 avril 2026)
- Capital entièrement libéré à la clôture de l’exercice
- Capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques, ou par une société remplissant elle-même ces critères
Si une seule condition manque, l’intégralité du bénéfice est taxée au taux normal de 25 %, sans application du taux réduit sur la première tranche.
Exemple de calcul de l’IS 2026

Le paiement de l’IS : 4 acomptes + 1 solde
Le paiement de l’IS est fractionné en 5 versements : quatre acomptes trimestriels et un solde de liquidation (art. 1668 du CGI, source : service-public.fr). Le versement est spontané : l’administration n’envoie pas d’avis d’imposition, c’est la société qui doit initier le paiement.
Les acomptes trimestriels
Chaque acompte représente 25 % de l’IS calculé sur le résultat de l’exercice précédent (N-1). Pour un exercice calqué sur l’année civile (clôture au 31 décembre), les échéances 2026 sont :
| Acompte | Échéance 2026 | Montant | Formulaire |
|---|---|---|---|
| 1er acompte | 15 mars 2026 | 25 % de l’IS de référence (IS calculé sur le résultat N-1) | Relevé d’acompte n° 2571 |
| 2e acompte | 15 juin 2026 | 25 % — régularisation possible si l’IS N-1 est désormais connu | Relevé d’acompte n° 2571 |
| 3e acompte | 15 septembre 2026 | 25 % de l’IS de référence | Relevé d’acompte n° 2571 |
| 4e acompte | 15 décembre 2026 | 25 % de l’IS de référence | Relevé d’acompte n° 2571 |
| Solde | 15 mai 2027 | IS réel dû – total des acomptes versés (positif ou négatif) | Relevé de solde n° 2572 |
Tous les paiements s’effectuent obligatoirement par télèrèglement depuis l’espace professionnel impots.gouv.fr (mode EFI) ou via un partenaire EDI (expert-comptable, logiciel comptable). Une société qui paie par chèque ou virement hors circuit dématérialisé s’expose à une majoration de 0,2 % des sommes versées.
Dispenses d’acomptes
Certaines sociétés sont dispensées du versement d’acomptes (art. 1668-1 du CGI) :
- Sociétés dont l’IS de l’exercice précédent est inférieur à 3 000 €
- Sociétés nouvellement créées au titre de leur premier exercice
- Sociétés déficitaires lors du dernier exercice clos
- Sociétés bénéficiant d’une exonération temporaire d’IS (zones AFR, QPV, ZRR/FRR, BER…)

La modulation des acomptes
Si le bénéfice prévisionnel de l’exercice en cours est inférieur à celui de l’exercice précédent, la société peut moduler à la baisse ses acomptes sans avoir à le justifier préalablement auprès de l’administration. Il suffit d’indiquer le montant réduit lors du télèrèglement.
Toutefois, la sanction est automatique si le total des acomptes versés est trop faible :
La déclaration de résultat et le solde
Après la clôture, la société dépose sa déclaration de résultat (liasse fiscale, formulaire 2065 et annexes) par voie dématérialisée :
- Pour un exercice clos au 31 décembre 2025 : dépôt au plus tard le 2ème jour ouvré suivant le 1er mai 2026, soit le 5 mai 2026. Un délai supplémentaire de 15 jours calendaires est accordé pour les téléprocédures (jusqu’au 20 mai 2026)
- Pour un exercice clos à une autre date : dans les 3 mois suivant la clôture
Le solde de l’IS est réglé au moyen du relevé de solde n° 2572 :
- Exercice clos au 31 décembre N : solde dû le 15 mai N+1
- Exercice clos à une autre date : le 15 du 4e mois suivant la clôture
Si les acomptes versés dépassent l’IS réellement dû, l’excédent est soit imputé sur d’autres impôts directs, soit remboursé spontanément par le Trésor public dans les 30 jours suivant le dépôt du relevé de solde. Aucune démarche supplémentaire n’est nécessaire.
Ce qu’il faut retenir au 4 juillet 2026
- L’IS frappe le bénéfice fiscal, pas le chiffre d’affaires (art. 205 CGI)
- Taux normal : 25 % — Taux réduit PME : 15 % sur les premiers 42 500 € (art. 219 CGI), sous 3 conditions cumulatives (CA ≤ 10 M€, capital libéré, détené à 75 % par des personnes physiques)
- Pour les sociétés membres d’un groupe : le CA du groupe (et non de la seule filiale) sert de référence pour le seuil des 10 M€ (jurisprudence Conseil d’État, communiqué DGFiP 14 avril 2026)
- Paiement en 5 étapes : 4 acomptes trimestriels aux 15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre + solde au 15 mai N+1 (exercice au 31/12)
- Dispense d’acomptes si IS référence < 3 000 € ou premier exercice
- Modulation possible à la baisse, mais les acomptes doivent couvrir au moins 90 % de l’IS final (sous peine de majoration de 5 %)
- Tout paiement est obligatoirement dématérialisé via impots.gouv.fr ou EDI
FAQ : Impôt sur les sociétés 2026
Cela dépend de la qualité de l’associé unique. Si l’associé unique est une personne physique, l’EURL est soumise par défaut à l’impôt sur le revenu (IR) ; elle peut opter pour l’IS. Si l’associé unique est une personne morale (une autre société), l’EURL est automatiquement soumise à l’IS de plein droit, sans possibilité d’option contraire.
Non, il n’est pas automatique. La société doit remplir les trois conditions cumulatives prévues par l’article 219 I-b du CGI : CA HT inférieur ou égal à 10 millions d’euros, capital entièrement libéré et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, l’intégralité du bénéfice est taxée à 25 %. Par ailleurs, depuis l’arrêt du Conseil d’État du 13 mars 2025, les sociétés membres d’un groupe doivent retenir le CA consolidé du groupe pour apprécier ce seuil.
Non. Une société dont le dernier exercice clos est déficitaire (résultat fiscal négatif, IS nul) est dispensée de versement d’acomptes. De même, si son IS de référence (calculé sur l’exercice précédent) est inférieur à 3 000 €, aucun acompte n’est dû : l’IS est réglé en une seule fois lors du solde.
Oui. La société peut réduire le montant d’un acompte si elle estime que son IS de l’exercice en cours sera inférieur à celui de l’exercice précédent. Aucune demande préalable n’est nécessaire : il suffit d’indiquer le montant réduit lors du télèrèglement. Toutefois, si le total des acomptes versés représente moins de 90 % de l’IS finalement dû, une majoration de 5 % s’applique sur la fraction insuffisante, augmentée d’intérêts de retard de 0,20 % par mois.
Si le total des acomptes dépasse l’IS final, la société dispose d’un excédent. Cet excédent est soit imputé sur d’autres impôts directs dûs (TVA, taxe foncière…), soit remboursé spontanément par le Trésor public dans les 30 jours suivant le dépôt du relevé de solde n° 2572. Aucune démarche particulière n’est nécessaire : le dépôt du relevé vaut demande de remboursement automatique.
Non. L’IS n’est pas une charge déductible du résultat fiscal : il est calculé sur le résultat après déduction de toutes les charges, et il vient réduire le bénéfice net comptable mais pas le bénéfice imposable. En revanche, d’autres impôts comme la CFE ou la taxe foncière sont des charges d’exploitation déductibles du résultat imposable à l’IS.
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Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l’Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.
Mis à jour le 4 juillet 2026 — Sources : impots.gouv.fr, economie.gouv.fr, service-public.fr (17/02/2026), art. 205, 206, 219 et 1668 du CGI, communiqué DGFiP du 14 avril 2026

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