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Facturation électronique : quelles sanctions en cas de non-conformité ?

Sanctions facturation électronique

Thématique : Juridique

Après avoir abordé la facturation électronique sous plusieurs angles, place à une question que beaucoup d'entreprises préfèrent éviter mais qu'il vaut mieux anticiper : que risque-t-on vraiment en cas de non-conformité ? Contrairement à une idée répandue, les sanctions ne se limitent pas à une simple pénalité de retard. Ce guide détaille le régime de sanctions applicable, fondé sur l'article 1737 du Code général des impôts.

La sanction spécifique au non-respect de la facturation électronique

Le non-respect par un assujetti de son obligation d'émettre ses factures sous forme électronique dans les conditions prévues par la réforme donne lieu à une amende par facture concernée, sans que le total des amendes appliquées au titre d'une même année civile ne puisse dépasser 15 000 €. Cette sanction vise spécifiquement le fait de continuer à émettre des factures selon des modalités non conformes (PDF classique, papier) après l'entrée en vigueur de l'obligation applicable à votre catégorie d'entreprise.

Les sanctions générales de facturation qui restent applicables

Au-delà de la sanction spécifique à la réforme, le régime général des infractions de facturation prévu par l'article 1737 du CGI continue de s'appliquer, avec des montants variables selon la gravité du manquement constaté.

InfractionSanction
Omission ou inexactitude dans une facture15 € par erreur, plafonnés au quart du montant facturé
Défaut de délivrance d'une facture50 % du montant de la transaction (réduit à 5 % si l'opération a été régulièrement comptabilisée)
Facture fictive ou dissimulation d'identité client/fournisseur50 % du montant des sommes versées ou reçues
Non-respect de l'obligation d'émission électroniqueAmende par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile
Sanctions facturation électronique non-conformité - Arona Expertise Meylan
Arona Expertise accompagne les entreprises de l'Isère dans leur mise en conformité fiscale

Une tolérance existe pour une première infraction régularisée rapidement

Le Code général des impôts prévoit un mécanisme de tolérance non négligeable : les amendes ne s'appliquent pas en cas de première infraction commise au cours de l'année civile en cours et des trois années précédentes, dès lors que l'infraction est réparée spontanément par l'entreprise, ou dans les trente jours suivant une première demande de l'administration fiscale.

✅ Une marge de manœuvre réelle en cas d'erreur ponctuelle : ce dispositif de tolérance signifie concrètement qu'une entreprise qui commet une erreur isolée, et qui la corrige rapidement de sa propre initiative ou dès la première sollicitation de l'administration, peut échapper à l'amende. Cette souplesse ne s'applique toutefois pas en cas de manquements répétés sur la période de référence.
Tolérance première infraction facturation électronique - Arona Expertise
Cabinet Arona Expertise : Meylan, Inovallée

Les sanctions qui visent les plateformes, pas les entreprises

Une partie du régime de sanctions de l'article 1737 du CGI concerne directement les opérateurs de plateformes de dématérialisation, et non les entreprises utilisatrices : tout manquement d'une plateforme à ses propres obligations de transmission de données peut donner lieu à une amende à sa charge, avec un plafond annuel spécifique. Une entreprise qui a correctement transmis sa facture via une plateforme n'est pas responsable d'un éventuel dysfonctionnement technique imputable à cette dernière.

⚠️ Une distinction à ne pas confondre : une facture non conforme sur la forme (mention manquante, format incorrect) et une facture fictive ou frauduleuse relèvent de deux régimes de sanction très différents. La première reste généralement régularisable sans conséquence lourde en cas de bonne foi, tandis que la seconde expose à une amende pouvant atteindre 50 % des sommes concernées.

Ce qu'il faut retenir

  • Le non-respect de l'obligation d'émission électronique est sanctionné par une amende par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile
  • Les omissions ou inexactitudes classiques restent sanctionnées à hauteur de 15 € par erreur, plafonnées au quart du montant facturé
  • Une facture fictive ou une dissimulation d'identité expose à une amende pouvant atteindre 50 % des sommes concernées
  • Une tolérance existe pour une première infraction régularisée spontanément ou sous 30 jours, sans antécédent sur les 3 années précédentes
  • Les plateformes de dématérialisation elles-mêmes sont soumises à un régime de sanctions distinct, propre à leurs obligations techniques

FAQ : Sanctions de la facturation électronique

Pas nécessairement. Le Code général des impôts prévoit une tolérance pour une première infraction commise au cours de l'année civile en cours et des trois années précédentes, si elle est réparée spontanément ou dans les 30 jours suivant une première demande de l'administration. Au-delà de cette tolérance, ou en cas de manquements répétés, l'amende s'applique.

Une facture non conforme comporte des erreurs ou omissions formelles, généralement régularisables, avec une sanction limitée. Une facture fictive suppose une intention de dissimulation ou de fraude (identité travestie, opération inexistante), et relève d'un régime de sanction beaucoup plus lourd, pouvant atteindre 50 % des sommes concernées.

Non, dans la mesure où l'entreprise a correctement transmis sa facture selon les modalités requises. Les manquements imputables au fonctionnement technique d'une plateforme de dématérialisation relèvent d'un régime de sanction spécifique, à la charge de l'opérateur de la plateforme lui-même.

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Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l'Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.

Sources : article 1737 du Code général des impôts (Légifrance), bofip.impots.gouv.fr (infractions aux règles de facturation)

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