Amortissement des véhicules d’entreprise en 2026 : plafonds CO² et règles fiscales
Temps de lecture : 8 min | Thématique : Fiscalité
Acheter ou prendre en crédit-bail un véhicule de tourisme pour son entreprise génère systématiquement une question fiscale : quelle fraction du coût est déductible ? La réponse dépend des émissions de CO² du véhicule. Depuis la loi de finances pour 2020, le barème des plafonds d’amortissement déductible distingue les véhicules selon leur taux d’émission mesuré selon la norme WLTP. Ces plafonds, fixés à l’article 39-4 du CGI et commentés au BOFiP (BOI-BIC-AMT-20-40-50), sont inchangés depuis 2021 et restent applicables en 2026. Ce guide explique le mécanisme, les calculs et les points d’optimisation.
Le principe : un amortissement comptable libre, un plafond fiscal strict
En comptabilité, un véhicule de tourisme est amorti sur sa valeur d’acquisition TTC (la TVA n’étant pas récupérable sur les VP) sur sa durée d’utilisation présumée, généralement 5 ans en linaire. L’amortissement dégressif est interdit pour les véhicules de tourisme (article 39A du CGI).
Sur le plan fiscal, la partie de l’amortissement qui dépasse le plafond légal n’est pas déductible du résultat imposable. Cette fraction, appelée amortissement non déductible (AND), doit être réintégrée extra-comptablement dans le résultat fiscal de chaque exercice, jusqu’à la fin de l’amortissement.
Les plafonds de déductibilité 2026 (barème WLTP, véhicules acquis depuis 2021)
Pour les véhicules de tourisme immatriculés selon la norme WLTP (première mise en circulation à compter de mars 2020 en pratique), les plafonds d’amortissement déductible applicables en 2026 sont les suivants :
| Émissions de CO² (norme WLTP) | Plafond d’amortissement déductible | Type de véhicule concerné |
|---|---|---|
| Inférieur à 20 g/km | 30 000 € | Véhicules 100 % électriques ou à hydrogène |
| De 20 g/km à 49 g/km | 20 300 € | Hybrides rechargeables à très faibles émissions |
| De 50 g/km à 160 g/km | 18 300 € | Majorité des hybrides et thermiques récents |
| Supérieur à 160 g/km | 9 900 € | Thermiques émetteurs élevés, SUV, gros berlines |
Ces plafonds s’apprennent une fois pour toutes à l’acquisition et restent fixés pour toute la durée d’amortissement du véhicule, même si le barème évolue entre-temps. C’est le taux d’émission figurant sur la carte grise du véhicule qui détermine le plafond applicable.

Le calcul de la réintégration fiscale annuelle
Lorsque le prix d’acquisition TTC du véhicule dépasse le plafond applicable, la dotation aux amortissements comptable doit être partiellement réintégrée dans le résultat fiscal chaque année :
Plus le véhicule est polluant et onéreux, plus la fraction non déductible est élevée. Un SUV thermique à 180 g/km acheté 50 000 € TTC génère une réintégration annuelle de 8 020 € pendant 5 ans, soit un surcoût fiscal significatif comparé à un véhicule électrique de même prix.
Le cas du crédit-bail et de la location longue durée (LLD)
Les mêmes plafonds s’appliquent aux loyers de crédit-bail ou de LLD d’un véhicule de tourisme. La fraction du loyer correspondant à l’amortissement du véhicule est déductible dans les mêmes limites que si l’entreprise avait acquis le véhicule. Le calcul de la part non déductible reprend la même formule proportionnelle, appliquée au loyer mensuel ou annuel.

Véhicule utilitaire : aucun plafond
Les véhicules utilitaires (VU, mention « VU » sur la carte grise, case J1) ne sont pas soumis aux plafonds de déductibilité. Leur coût d’acquisition est intégralement amortissable et la TVA sur l’achat est récupérable. L’amortissement dégressif (article 39A du CGI) leur est en revanche accessible. Pour les entreprises qui s’interrogent sur le choix entre VP et VU pour une utilisation mixte, le différentiel fiscal peut être considérable.
Le cas particulier de la batterie des véhicules électriques
Lorsque la batterie d’un véhicule électrique est facturée séparément par le constructeur, elle constitue une immobilisation distincte. Elle peut alors être amortie intégralement, sans plafond, indépendamment du véhicule. Cette dissociation permet d’optimiser la charge fiscale totale sur le véhicule, à condition que la facture du constructeur fasse clairement apparaître les deux éléments.
Ce qu’il faut retenir pour 2026
- Les plafonds de déductibilité de l’amortissement des VP sont inchangés depuis 2021 : 30 000 € (électrique), 20 300 € (hybride <50 g), 18 300 € (50-160 g), 9 900 € (>160 g)
- Le plafond est appliqué sur le prix TTC du véhicule, TVA non récupérable incluse
- La fraction excédentaire doit être réintégrée extra-comptablement dans le résultat fiscal chaque année
- Les mêmes plafonds s’appliquent aux loyers de LLD et de crédit-bail
- Les véhicules utilitaires ne sont soumis à aucun plafond et peuvent bénéficier de l’amortissement dégressif
- La batterie facturée séparément d’un véhicule électrique est amortissable sans plafond
FAQ : Amortissement des véhicules d’entreprise 2026
Un véhicule 100 % électrique émettant moins de 20 g/km de CO² bénéficie du plafond le plus élevé : 30 000 €. Ce plafond s’applique à la base amortissable TTC, bonus écologique non déduit. Il est inchangé depuis 2021 et confirmé par le BOFiP sous la référence BOI-BIC-AMT-20-40-50. Si le prix d’achat TTC dépasse 30 000 €, la fraction excédentaire doit être réintégrée dans le résultat fiscal chaque année.
Le taux d’émission de CO² figure sur le certificat d’immatriculation (carte grise) du véhicule. C’est ce taux, mesuré selon la norme WLTP pour les véhicules récents, qui détermine le plafond applicable pour toute la durée d’amortissement. Pour les véhicules anciens, une norme différente (NEDC) s’appliquait et les plafonds correspondants sont précisés dans les textes antérieurs.
Non. L’article 39A du CGI exclut explicitement les véhicules immatriculés dans la catégorie des voitures particulières (VP) du bénéfice de l’amortissement dégressif. Seule la méthode linéaire est autorisée. En revanche, les véhicules utilitaires neufs (mention VU sur la carte grise) peuvent bénéficier de l’amortissement dégressif, avec les coefficients prévus par l’article 39A.
Oui. Que le véhicule soit acquis, pris en crédit-bail ou en location longue durée, les plafonds de déductibilité s’appliquent de la même façon. La fraction du loyer correspondant à l’amortissement du véhicule est déductible dans les mêmes limites que si l’entreprise avait acheté le véhicule. La part non déductible est calculée proportionnellement à l’excès de valeur du véhicule au-delà du plafond.
Oui. Les plafonds de l’article 39-4 du CGI s’appliquent quelle que soit l’utilisation professionnelle du véhicule. Même si la voiture est exclusivement utilisée pour l’activité, la fraction du coût d’achat excédant le plafond n’est pas déductible. Cette règle est distincte du prorata d’utilisation professionnelle, qui s’applique en plus lorsque le véhicule a une utilisation mixte.
Cela dépend du nombre de kilomètres parcourus à titre professionnel, du type de véhicule et du statut du dirigeant. Pour les véhicules de tourisme thermiques à émissions élevées ou peu utilisés professionnellement, l’achat à titre personnel avec remboursement d’indemnités kilométriques peut être plus avantageux. Pour un véhicule utilitaire ou un électrique, l’inscription à l’actif de la société est généralement préférable. Seul un arbitrage chiffré personnalisé permet de trancher.
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Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l’Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.
Mis à jour en juillet 2026 — Sources : article 39-4 du CGI, BOFiP BOI-BIC-AMT-20-40-50, article 39A du CGI

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