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Les étapes pour monter une SAS en 2026

Les étapes pour monter une SAS en 2026

Thématique : Création d'entreprise

Vous avez une idée, un projet, parfois déjà un associé, et vous hésitez sur la forme juridique. La société par actions simplifiée, la SAS, est devenue en quelques années la structure préférée des créateurs : souple, rassurante pour les investisseurs, ouverte à tous les montages entre associés. Mais « souple » ne veut pas dire « sans règles ». Une SAS mal montée, avec des statuts recopiés d'un modèle trouvé en ligne, peut devenir un piège le jour où les associés ne sont plus d'accord. Voici les étapes concrètes, dans l'ordre, pour créer votre SAS en 2026 sans mauvaise surprise.

Créateurs d'entreprise préparant la création de leur SAS
Arona Expertise accompagne les créateurs de SAS de Grenoble et de l'Isère

Étape 1 : réunir les associés et choisir entre SAS et SASU

La SAS se crée à deux associés minimum, personnes physiques ou morales (une société peut être associée d'une SAS). Si vous êtes seul, la même forme existe sous le nom de SASU : société par actions simplifiée unipersonnelle. Les règles de fond sont identiques, seule la gouvernance est simplifiée puisque l'associé unique décide de tout.

Il n'y a pas de maximum d'associés. Cette liberté est précieuse, mais elle impose de poser une question avant même de rédiger : qui apporte quoi, qui décide de quoi, et que se passe-t-il si l'un des associés veut partir ? Ces échanges, parfois inconfortables, sont la meilleure assurance de la future entreprise.

Étape 2 : fixer le capital social et la nature des apports

Le capital minimum d'une SAS est de 1 euro. Dans la pratique, un capital trop symbolique envoie un mauvais signal aux banques, aux fournisseurs et aux clients. On le dimensionne plutôt selon les besoins réels de démarrage et la crédibilité recherchée.

Les apports peuvent prendre trois formes :

Type d'apportExemplePoints d'attention
Apport en numéraireSomme d'argent versée sur le compte de la sociétéAu moins 50 % libérés à la création, le solde dans les 5 ans
Apport en natureMatériel, véhicule, stock, fonds de commerceÉvaluation nécessaire ; commissaire aux apports si un apport dépasse 30 000 € ou si l'ensemble des apports en nature dépasse la moitié du capital
Apport en industrieSavoir-faire, travail de l'associéPossible en SAS, ne compte pas dans le capital mais ouvre des droits définis par les statuts

Par rapport à la SARL, où 20 % seulement doivent être libérés à la création, la SAS exige 50 % des apports en numéraire dès le départ. Le reste doit être appelé dans un délai maximal de cinq ans.

Étape 3 : rédiger les statuts, le cœur de votre SAS

Le législateur a laissé aux associés une grande liberté de rédaction. Cela signifie que les statuts font la loi de votre société bien plus qu'en SARL, où le code de commerce fixe un cadre plus rigide. Les statuts doivent au minimum mentionner la forme, la dénomination, l'objet, le siège, la durée (99 ans au maximum), le capital, les apports et les modalités de désignation du président.

Au-delà du minimum, voici les clauses qui méritent une vraie réflexion :

  • La clause d'agrément : les nouveaux associés doivent-ils être acceptés par les autres avant d'entrer au capital ?
  • La clause de préemption : en cas de vente de titres, les associés actuels ont-ils priorité pour racheter ?
  • La clause d'inaliénabilité : les titres sont-ils bloqués pendant une durée limitée (maximum 10 ans) ?
  • La clause d'exclusion : dans quels cas un associé peut-il être exclu (faute grave, perte de contrôle, départ du dirigeant) ?
  • La clause de sortie conjointe : si un associé majoritaire vend, les minoritaires peuvent-ils vendre aux mêmes conditions ?
  • Les règles de majorité : quelles décisions exigent l'unanimité, une majorité renforcée ou une simple majorité ?

Prenez le temps de tester ces clauses mentalement : imaginez un désaccord, un décès, un divorce, une offre de rachat. Si vos statuts ne répondent pas, ils sont incomplets.

Étape 4 : faut-il un pacte d'associés ?

Le pacte d'associés est un contrat distinct des statuts, généralement confidentiel, qui complète les règles de fonctionnement. Il n'est pas obligatoire, mais il devient très utile dès qu'il y a plusieurs associés, un investisseur extérieur ou des enjeux de pouvoir. Il peut organiser la répartition des rôles, un engagement d'exclusivité, les conditions d'entrée de nouveaux investisseurs ou la valorisation en cas de départ.

La différence essentielle : les statuts sont publics et opposables aux tiers, le pacte reste privé entre les signataires. Beaucoup de créateurs gagnent à conserver dans les statuts l'essentiel et à réserver au pacte les arrangements plus sensibles.

Étape 5 : déposer le capital et obtenir l'attestation

Avant l'immatriculation, les fonds issus des apports en numéraire sont déposés sur un compte bloqué ouvert au nom de la société en formation. Ce dépôt peut se faire auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des dépôts. La banque (ou le notaire) délivre une attestation de dépôt des fonds, pièce obligatoire du dossier d'immatriculation. Une fois la société immatriculée, les fonds sont débloqués et disponibles sur le compte professionnel.

Étape 6 : désigner le président

La SAS doit obligatoirement avoir un président, personne physique ou morale, associé ou non (article L227-6 du code de commerce). C'est lui qui représente la société à l'égard des tiers. Les statuts peuvent aussi prévoir des directeurs généraux ou un comité stratégique, ce qui permet de répartir les pouvoirs sans multiplier les statuts de gérant.

Les statuts fixent les pouvoirs du président, sa durée de mandat, sa rémunération éventuelle et les conditions de révocation. Un point à ne pas négliger : les limitations de pouvoirs prévues dans les statuts ne sont en principe pas opposables aux tiers de bonne foi. La confiance entre associés reste donc la première des protections.

Étape 7 : comprendre le régime social du président

Attention à un malentendu fréquent : le président de SAS rémunéré est « assimilé salarié », ce qui ne veut pas dire « salarié ». Il relève du régime général de la Sécurité sociale mais ne bénéficie pas, en principe, de l'assurance chômage, et ne peut pas cumuler son mandat avec un contrat de travail de façon automatique. Prévoyez votre protection complémentaire dès le départ.

Cette situation a des avantages et des inconvénients. Côté avantages : une bonne couverture maladie et retraite de base, pas de cotisation minimale lorsque aucune rémunération n'est versée, et une gestion simple via la fiche de paie. Côté inconvénients : des charges globales élevées (de l'ordre de 65 à 80 % du net versé, charges patronales et salariales cumulées) et l'absence de chômage.

La question « combien me payer ? » est un vrai arbitrage entre salaire, dividendes et trésorerie de l'entreprise, que l'on traite avec l'expert-comptable au moment du prévisionnel.

Étape 8 : salaire ou dividendes, le raisonnement propre à la SAS

L'un des atouts de la SAS tient au traitement des dividendes. Contrairement au gérant majoritaire de SARL, dont les dividendes supérieurs à 10 % du capital et des primes sont soumis à cotisations sociales, les dividendes d'un président de SAS ne supportent pas de cotisations sociales. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif.

À retenir : en SAS, on peut arbitrer entre un salaire modéré, qui ouvre des droits sociaux, et des dividendes, moins chargés socialement. Mais les dividendes ne se versent que s'il y a des bénéfices distribuables, et ne créent aucun droit à la retraite. L'équilibre dépend de votre situation personnelle.

Exemple illustratif : une SAS dégage 60 000 € de bénéfice avant rémunération. Si le dirigeant se verse un salaire de 30 000 € brut annuel et laisse le reste après impôt sur les sociétés pour distribution partielle, il fait baisser la charge sociale globale par rapport à un salaire de 60 000 €. Mais il renonce aussi à des droits à la retraite. La bonne réponse se calcule sur chiffres réels, jamais à l'intuition.

Étape 9 : publier l'annonce légale

La constitution de la société doit être annoncée dans un journal d'annonces légales (JAL) du département du siège. Pour 2026, le tarif forfaitaire est de 199 € HT pour une SAS (142 € HT pour une SASU) en France métropolitaine, fixé par l'arrêté du 19 novembre 2025. Vous recevez une attestation de parution, indispensable au dossier. Pensez à vérifier l'actualité du tarif avant publication, car il évolue chaque année.

Cabinet Arona Expertise, Meylan Inovallée
Arona Expertise accompagne les créateurs de SAS de l'Isère dans leurs formalités

Étape 10 : déposer le dossier au guichet unique

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création passent par le guichet unique de l'INPI, accessible en ligne. Vous y déposez les statuts, l'attestation de dépôt des fonds, l'attestation de parution de l'annonce légale, la déclaration des bénéficiaires effectifs, une pièce d'identité du président, un justificatif de domiciliation et la déclaration de non-condamnation.

Le guichet unique transmet ensuite le dossier au greffe du tribunal de commerce, à l'administration fiscale, à l'Urssaf et aux autres organismes concernés. En l'absence d'erreur, l'immatriculation intervient en général en quelques jours, parfois jusqu'à quatre semaines si le dossier est incomplet ou nécessite des compléments.

Étape 11 : recevoir le Kbis et activer la société

Le Kbis est la carte d'identité de votre société. Il permet d'ouvrir le compte bancaire définitif, de signer des contrats, de facturer et de débuter l'activité. À ce stade, pensez aux actes essentiels : transfert des fonds, assurances professionnelles, mise en place de la facturation, choix d'un logiciel de comptabilité et premières déclarations.

Le régime fiscal : IS par défaut, IR sous conditions

La SAS est soumise par défaut à l'impôt sur les sociétés. Une option temporaire pour l'impôt sur le revenu est possible pendant cinq exercices au maximum, sous des conditions strictes (société de moins de cinq ans, petite entreprise, capital détenu à plus de 50 % par des personnes physiques, notamment). Cette option reste marginale et mérite une simulation sérieuse avant d'être choisie.

Le budget à prévoir pour monter une SAS

PosteOrdre de grandeur
Annonce légale199 € HT (forfait 2026)
Frais de greffe et formalitésenviron 60 à 100 €
Rédaction des statuts (accompagnement)environ 260 à 300 € en formule simple
Accompagnement complet (statuts sur mesure, pacte, démarches)de 500 à 2 000 € selon la complexité

Ces montants sont indicatifs. Les statuts sur mesure sont un investissement très rentable comparé au coût d'un litige entre associés.

Les formalités après l'immatriculation

  • Ouvrir le compte bancaire professionnel définitif.
  • Choisir le régime de TVA et vérifier les obligations déclaratives.
  • Souscrire les assurances nécessaires (responsabilité civile, multirisque, selon l'activité).
  • Mettre en place la comptabilité dès le premier jour, avec un premier exercice qui peut être plus long que douze mois.
  • Tenir les assemblées d'approbation des comptes dans les six mois suivant la clôture.
  • Vérifier si un commissaire aux comptes est obligatoire, ce qui dépend du dépassement de seuils chiffrés.

SAS ou SARL : comment trancher ?

Il n'existe pas de forme « meilleure » dans l'absolu. Une SARL convient souvent à une activité stable, familiale ou avec un seul gérant qui souhaite un cadre sécurisé et des charges sociales réduites. La SAS convient mieux lorsque plusieurs associés veulent organiser finement leur gouvernance, lorsqu'on prévoit une levée de fonds, ou lorsque l'on souhaite pouvoir distribuer des dividendes sans cotisations sociales. Le bon choix dépend de la rémunération visée, du nombre d'associés et de la stratégie de croissance. Pour approfondir le parcours côté SARL, lisez notre article sur les étapes pour monter une SARL.

« Les statuts d'une SAS sont comme une ceinture de sécurité : on ne les remarque pas tant que tout va bien, mais ils changent tout le jour où il y a un choc. »

Ce qu'il faut retenir

  • La SAS se crée à deux associés minimum (SASU si vous êtes seul), avec un capital minimum de 1 €.
  • Au moins 50 % des apports en numéraire sont libérés à la création, le solde dans les cinq ans.
  • Les statuts sont le cœur de la SAS : agrément, préemption, exclusion, sortie conjointe et majorités sont à penser sur mesure.
  • Le président est obligatoire ; rémunéré, il est assimilé salarié, sans assurance chômage en principe.
  • Les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales, mais n’ouvrent aucun droit à la retraite.
  • L'annonce légale est au tarif forfaitaire de 199 € HT en 2026.
  • Toutes les formalités passent par le guichet unique de l'INPI.
  • Le Kbis arrive en général en quelques jours à quelques semaines.
  • Le régime fiscal est l'IS par défaut, l'IR n'étant possible que sous conditions strictes.

FAQ : vos questions sur la création d'une SAS

Oui, sous la forme de la SASU. Les règles sont identiques, avec une gouvernance simplifiée car l'associé unique prend seul les décisions.

Comptez au minimum l'annonce légale à 199 € HT, les frais de formalités et la rédaction des statuts. Avec un accompagnement complet, le budget se situe généralement entre 500 et 2 000 €.

En principe non. Le président est assimilé salarié mais ne bénéficie pas de l'assurance chômage. Il peut souscrire une assurance privée ou garder des droits issus d'une activité précédente.

Non, mais il est très recommandé dès qu'il y a plusieurs associés ou un investisseur, pour anticiper les désaccords et organiser les départs.

Oui, une transformation est possible sans création d'une nouvelle société, mais elle suit un formalisme précis. Mieux vaut choisir la bonne forme dès le départ.

Créer sa SAS avec un cabinet à vos côtés Chez Arona Expertise, à Meylan, aux portes de Grenoble, nous accompagnons les créateurs de la première idée jusqu'au premier bilan. Statuts réfléchis ensemble, arbitrage salaire et dividendes chiffré, prévisionnel financier, choix du régime fiscal : vous avez en face de vous un interlocuteur humain, disponible et à l'écoute, qui prend le temps de comprendre votre projet. Valentin Moro, expert-comptable et fondateur du cabinet, a créé Arona Expertise avec cette conviction : un dirigeant ne doit jamais se sentir seul face à ses décisions. Découvrez aussi ZeCap, notre solution d'accompagnement à la création, pour démarrer sereinement. Découvrez ZeCap sur zecap.fr, ou contactez Arona Expertise pour un premier échange sur votre projet.
ZeCap, accompagnement à la création d'entreprise par Arona Expertise
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Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l'Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.

Sources : entreprendre.service-public.gouv.fr (annonces légales 2026, imposition des dividendes) ; impots.gouv.fr ; articles L227-1 et L227-6 du code de commerce ; arrêté du 19 novembre 2025 relatif aux tarifs des annonces légales ; guichet unique INPI.

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