Thématique : Fiscalité
Chaque année, à l'approche de la mi-décembre, des milliers de dirigeants découvrent ou redécouvrent la CFE. Cet impôt local frappe presque toutes les entreprises, y compris celles qui n'ont ni local ni salarié, et il surprend souvent par son montant ou par sa date. Qui doit la payer ? Comment est-elle calculée ? Peut-on y échapper la première année ? Que faire si le montant paraît trop élevé ? Voici un guide complet de la cotisation foncière des entreprises en 2026, fondé sur les sources officielles.

La cotisation foncière des entreprises est un impôt local dû par toute entreprise et toute personne qui exerce une activité professionnelle non salariée. Elle est versée aux collectivités locales, c'est-à-dire à la commune ou au groupement de communes dont dépend l'entreprise. C'est l'une des composantes de la contribution économique territoriale.
Sont concernés les sociétés, les entrepreneurs individuels, y compris les micro-entrepreneurs et ceux qui travaillent depuis leur domicile, ainsi que certaines entités sans personnalité morale. Le fait de n'avoir ni boutique ni bureau ne protège donc pas : une base minimale est prévue pour les entreprises sans local.
Le calcul dépend d'un critère simple : l'entreprise dispose-t-elle ou non d'un local ?
La CFE repose sur la valeur locative des biens que l'entreprise utilise pour son activité, c'est-à-dire le loyer annuel théorique que le bien pourrait produire. La valeur retenue est celle de l'année N-2 : pour la CFE 2026, il s'agit des locaux utilisés en 2024. On applique ensuite le taux voté par la commune ou le groupement de communes, qui varie d'un territoire à l'autre. L'administration permet de consulter les taux appliqués sur son site.
Une base minimum s'applique. Elle est fixée par la commune ou l'intercommunalité dans une fourchette légale qui dépend du chiffre d'affaires ou des recettes de l'année N-2. Elle s'applique aussi lorsque la valeur locative du local est très faible.
| Chiffre d'affaires ou recettes N-2 | Base minimum 2026 (fourchette selon la commune) |
|---|---|
| Jusqu'à 10 000 € | De 250 € à 597 € |
| Entre ces deux extrêmes | Des tranches intermédiaires, détaillées dans la fiche officielle |
| Plus de 500 000 € | De 250 € à 7 769 € |
Le montant exact dépend de la délibération de votre commune. Pour votre cas, la bonne référence reste l'avis de CFE, ou la fiche officielle de service-public qui détaille toutes les tranches.
Au montant de la CFE, on ajoute une taxe additionnelle destinée aux chambres consulaires, de 1,12 % de la base pour 2026, ainsi que des frais de gestion de 1 % calculés sur l'ensemble de la CFE et de la taxe additionnelle. Le montant à payer est donc la somme de la CFE, de la taxe additionnelle et des frais de gestion.
Prenons une entreprise installée dans un local dont la base d'imposition est de 8 000 euros, dans une commune où le taux est de 30 %.
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| CFE | 8 000 € × 30 % | 2 400,00 € |
| Taxe additionnelle | 8 000 € × 1,12 % | 89,60 € |
| Sous-total | CFE + taxe additionnelle | 2 489,60 € |
| Frais de gestion | 2 489,60 € × 1 % | 24,90 € |
| Montant à payer | 2 514,50 € |
Ce montant dépasse l'ordre de grandeur d'une base minimum, ce qui montre l'intérêt de bien distinguer les deux situations. Les entreprises qui disposent de locaux importants supportent une CFE plus lourde que celles qui travaillent à distance.

Une entreprise nouvelle est exonérée de CFE l'année de sa création, jusqu'au 31 décembre. L'année suivante, la base d'imposition est réduite de 50 %. Pour bénéficier de ce régime, il faut déposer la déclaration initiale 1447-C avant le 31 décembre de l'année de création. Cette déclaration est aussi demandée aux micro-entrepreneurs. Pour toutes les démarches d'aide à la création, voyez notre article sur les aides et exonérations à la création d'entreprise.
Une entreprise dont le chiffre d'affaires ou les recettes hors taxes de l'année N-2 n'ont pas dépassé 5 000 euros est exonérée. Pour une entreprise créée en N-1, le calcul peut se faire au prorata de la durée d'activité. Ce seuil est celui que l'administration retient pour la base minimum, notamment pour les micro-entrepreneurs.
Certaines activités sont exonérées, de façon permanente ou temporaire, par la loi. D'autres exonérations sont facultatives et supposent une délibération des collectivités locales : zones prioritaires, jeunes entreprises innovantes, spectacles vivants, par exemple. Leur obtention se demande par une déclaration modificative. Vérifiez auprès de votre service des impôts des entreprises si votre situation peut en bénéficier.
| Formulaire | Quand l'utiliser | Échéance |
|---|---|---|
| 1447-C | Création d'un établissement, reprise ou changement d'exploitant | Avant le 31 décembre de l'année de création. En cas de cession ou de transmission, le nouvel exploitant dépose avant le 1er janvier de l'année suivant le changement |
| 1447-M | Changement de situation ou demande d'exonération facultative | Avant le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai |
Ces déclarations se font sur l'espace professionnel de impots.gouv.fr. Elles servent à calculer la CFE des années suivantes, d'où l'importance de les déposer dans les délais.
La CFE ne fait pas l'objet d'un avis papier pour les professionnels : l'avis est consultable dans l'espace professionnel et le paiement doit se faire par voie dématérialisée (paiement en ligne ou prélèvement). Les dates dépendent du montant de la CFE de l'année précédente.
| Situation | Paiement |
|---|---|
| CFE de l'année précédente inférieure ou égale à 3 000 € | Paiement unique au plus tard le 15 décembre 2026 |
| CFE de l'année précédente supérieure à 3 000 € | Acompte de 50 % de la CFE de l'année précédente au plus tard le 15 juin 2026, puis solde au plus tard le 15 décembre 2026 |
| Option pour la mensualisation | Demande avant le 30 juin 2026 inclus |
Comme nous sommes en octobre, le solde de 2026 approche pour la plupart des entreprises : vérifiez dès maintenant votre avis dans l'espace professionnel et provisionnez la somme. La mensualisation, quand elle est choisie avant la date limite, lisse la charge sur l'année.
Les micro-entrepreneurs sont soumis à la CFE selon les règles générales, sauf exonération permanente ou temporaire. Aucune CFE n'est due l'année de création. À partir de la deuxième année, elle est fondée sur la valeur locative des locaux utilisés, ou sur la base minimum s'il n'y a pas de local ou si sa valeur est très faible. L'exonération pour chiffre d'affaires inférieur ou égal à 5 000 euros peut s'appliquer. La déclaration 1447-C doit être déposée auprès du service des impôts des entreprises avant le 31 décembre de l'année de création de l'établissement. Les frais de chambre de commerce ou de métiers sont payés à l'Urssaf et non avec la CFE. Pour les seuils et le passage en société, notre article sur la micro-entreprise en 2026 détaille la démarche.
Oui, en principe. L'exercice d'une activité professionnelle non salariée à domicile ne dispense pas de la CFE. Elle est alors généralement calculée sur la base minimum ou sur la valeur locative de la partie du domicile utilisée à titre professionnel, dans les conditions prévues par la loi. Le choix de l'adresse du siège a des conséquences fiscales et pratiques : nous les détaillons dans notre article sur la domiciliation de l'entreprise.
La CFE est une charge d'exploitation. Pour les entreprises qui déterminent leur résultat selon le régime réel, elle est en principe déductible du résultat imposable de l'exercice, comme les autres impôts et taxes engagés dans l'intérêt de l'entreprise. Elle se comptabilise parmi les impôts, taxes et versements assimilés (compte 63). Les détails figurent dans la doctrine administrative publiée sur le BOFiP.
« La CFE n'est pas l'impôt qui coûte le plus cher. C'est souvent celui qui surprend le plus : parce qu'il tombe en décembre, et parce qu'on ne l'avait pas prévu. »
Toute entreprise et toute personne exerçant une activité professionnelle non salariée : sociétés, entrepreneurs individuels, micro-entrepreneurs et personnes travaillant à domicile, sauf exonération.
Non. Aucune CFE n'est due l'année de création. L'année suivante, la base d'imposition est réduite de 50 %.
Le 15 décembre 2026 au plus tard. Si la CFE de l'année précédente dépassait 3 000 euros, un acompte de 50 % était à verser au plus tard le 15 juin 2026.
Oui : l'année de création, si le chiffre d'affaires N-2 n'a pas dépassé 5 000 euros, ou dans certains cas prévus par la loi ou décidés par les collectivités.
Dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Pour les professionnels, l'avis n'est pas envoyé par courrier.
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Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l'Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.
Sources : entreprendre.service-public.gouv.fr (fiche « Cotisation foncière des entreprises (CFE) », vérifiée le 2 avril 2026) ; economie.gouv.fr (Tout savoir sur la CFE) ; impots.gouv.fr (CFE, micro-entrepreneurs, espace professionnel) ; bofip.impots.gouv.fr.


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