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Amortissements en 2026 : linéaire, dégressif, calcul et durées d'utilisation

Amortissements en 2026 : linéaire, dégressif, calcul et durées d'utilisation

Thématique : Comptabilité

Vous venez d'acheter un véhicule, un ordinateur ou une machine pour votre entreprise. Pouvez-vous déduire toute la dépense cette année ? La réponse est le plus souvent non : le bien est inscrit à l'actif, puis sa valeur est réduite chaque année par un amortissement. Cette mécanique, simple en apparence, influence directement votre résultat, votre impôt et votre trésorerie. Voici un guide complet des amortissements en 2026, fondé sur les sources officielles.

Amortissements 2026 : comprendre le calcul avec Arona Expertise
Arona Expertise accompagne les dirigeants de Grenoble et de l'Isère dans leurs choix d'investissement

Un amortissement, c'est quoi ?

L'amortissement constate la perte de valeur d'un bien durable utilisé par l'entreprise. Au lieu de comptabiliser la totalité du prix d'achat en charge l'année de l'acquisition, on l'étale sur la durée pendant laquelle le bien sert l'entreprise. Chaque année, une fraction du prix, appelée annuité, vient diminuer le résultat comptable et fiscal.

Le principe est simple : un véhicule acheté aujourd'hui servira pendant plusieurs années, il est donc normal que son coût soit réparti sur ces années plutôt que supporté en une seule fois. L'amortissement est une charge calculée : il ne correspond à aucun décaissement de l'année. L'argent est sorti le jour de l'achat.

À retenir : l'amortissement réduit le résultat, donc l'impôt, mais il ne réduit pas la trésorerie. Il faut donc bien distinguer l'effet sur le résultat et l'effet sur le compte en banque.

Quels biens peut-on amortir ?

Sont amortissables les biens dont l'usage est limité dans le temps et qui perdent de la valeur : machines, matériel informatique, mobilier, véhicules, agencements, logiciels, certains travaux. Les terrains, eux, ne s'amortissent pas, car on considère qu'ils ne se déprécient pas par l'usage.

Un bien est immobilisé lorsqu'il est destiné à servir durablement l'activité de l'entreprise. Ce choix, entre charge immédiate et immobilisation, est l'un des premiers réglages à faire correctement. Il rejoint la logique des charges externes : une dépense courante va en charge, un bien durable va à l'actif.

Le seuil de 500 euros hors taxes

L'administration fiscale tolère que certains biens de faible valeur soient directement déduits en charges l'année de leur acquisition. Le seuil retenu est de 500 euros hors taxes par bien, apprécié sur la valeur unitaire. Cette tolérance vise notamment :

  • les petits matériels et outillages, hors matériel de transport ;
  • le matériel et le mobilier de bureau, pour les menus équipements et les achats de renouvellement courant, en nombre limité par exercice ;
  • les logiciels, dans la même limite.

Elle ne s'applique ni à l'équipement initial, ni au renouvellement complet du mobilier d'un bureau, d'un restaurant ou d'un magasin. Pour un ensemble d'éléments indissociables, le seuil s'apprécie sur le prix global.

Deux méthodes principales : linéaire et dégressif

L'amortissement linéaire

Il répartit la perte de valeur de façon égale sur la durée normale d'utilisation du bien. L'annuité est le prix de revient divisé par le nombre d'années d'amortissement, ou, ce qui revient au même, le prix de revient multiplié par le taux linéaire. Un bien amorti sur cinq ans se déprécie ainsi de 20 % par an.

L'amortissement commence à la date de mise en service effective du bien. La première annuité est réduite en proportion de la période écoulée entre le début de l'exercice et la mise en service : c'est le prorata temporis. Le total des amortissements ne peut jamais dépasser le prix de revient.

L'amortissement dégressif

Il concentre davantage la charge sur les premières années. Le taux dégressif est le taux linéaire multiplié par un coefficient qui dépend de la durée normale d'utilisation, pour les biens acquis depuis 2010 :

Durée normale d'utilisationCoefficient
3 ou 4 ans1,25
5 ou 6 ans1,75
Plus de 6 ans2,25

Le taux dégressif s'applique chaque année à la valeur nette comptable restante, et non au prix d'achat. Dès que l'annuité dégressive devient inférieure à la valeur nette divisée par le nombre d'années restant à courir, l'entreprise peut retenir ce quotient, c'est-à-dire repasser en linéaire jusqu'à la fin. Ce régime ne concerne que certains biens, et la première annuité est elle aussi calculée au prorata des mois de détention.

Choisir sa méthode d'amortissement avec un expert-comptable à Grenoble
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Un exemple chiffré

Illustration simplifiée, à ne pas généraliser. Les montants sont fictifs. Le prorata est calculé ici en mois pour faciliter la lecture. Le bénéfice du régime dégressif dépend de la nature du bien.

Une société acquiert une machine de 12 000 euros hors taxes, amortissable sur 5 ans, mise en service le 1er juillet de l'année N. Son exercice coïncide avec l'année civile.

AnnéeLinéaire (20 %)Dégressif (20 % × 1,75 = 35 %)
N (6 mois sur 12)1 200,00 €2 100,00 €
N+12 400,00 €3 465,00 € (35 % de 9 900 €)
N+22 400,00 €2 252,25 € (35 % de 6 435 €)
Cumul fin N+26 000,00 €7 817,25 €

Au bout de trois exercices, le régime dégressif a déduit 1 817,25 euros de plus que le linéaire. Sur toute la durée de vie, le total déduit est identique : 12 000 euros. Le dégressif déplace donc la déduction vers les premières années, ce qui réduit l'impôt plus tôt, mais l'augmente ensuite. C'est un avantage de trésorerie, pas une économie définitive.

Comment choisir la durée d'amortissement ?

La durée doit correspondre à la durée normale d'utilisation du bien dans l'entreprise, appréciée selon les usages de la profession. L'administration admet les amortissements dans les limites généralement retenues pour le secteur d'activité. Les taux doivent refléter la perte de valeur réelle : un amortissement démesuré revient à constituer une réserve déguisée, ce que l'administration peut remettre en cause.

Quelques ordres de grandeur couramment pratiqués, à adapter à chaque situation et à chaque secteur :

  • le matériel informatique est souvent amorti sur 3 à 4 ans ;
  • le mobilier de bureau, sur 5 à 10 ans ;
  • les véhicules, sur 4 à 5 ans ;
  • les agencements et installations, sur 8 à 10 ans ou plus.

Ces durées sont indicatives et ne remplacent pas l'analyse du bien concret et de son usage. Un expert-comptable aide à documenter ce choix pour qu'il résiste à un contrôle.

Les effets d'un amortissement sur vos comptes

  • Sur le résultat : la dotation aux amortissements est une charge, qui diminue le bénéfice. Pour la fiscalité de ce bénéfice, voyez notre guide de l'impôt sur les sociétés en 2026.
  • Sur le bilan : la valeur nette du bien baisse chaque année. L'actif reflète ainsi la valeur résiduelle plus juste.
  • Sur la trésorerie : aucun effet direct. L'amortissement ne rapporte pas d'argent par lui-même, il réduit seulement l'impôt, donc il améliore indirectement la trésorerie.
  • Sur la capacité d'autofinancement : les dotations étant non décaissées, elles sont réintégrées dans l'analyse de l'autofinancement. Les banques le savent et le regardent.
Bon réflexe : prévoir dans votre plan de trésorerie le remboursement du financement du bien (emprunt, crédit-bail), pas l'amortissement. Les deux n'ont ni le même montant ni le même calendrier.

Amortissement et cession du bien

Quand un bien est vendu ou mis au rebut avant la fin de son amortissement, sa valeur nette comptable sort de l'actif. La différence entre le prix de vente et cette valeur nette constitue une plus-value ou une moins-value, qui entre dans le résultat selon le régime fiscal applicable. Un amortissement trop rapide peut donc se retourner contre l'entreprise à la revente, en augmentant la plus-value. C'est un point à anticiper pour les biens appelés à être revendus rapidement.

Amortir ou louer ?

Un bien peut être acheté comptant, financé par emprunt, ou loué (location longue durée, crédit-bail). Chaque option a une traduction comptable différente : le bien acheté est amorti, les loyers d'une location simple sont comptabilisés en charges externes. Le choix dépend de la durée d'usage, de la trésorerie disponible et de la fiscalité. Comparer en chiffres avant d'acheter est souvent plus rentable que de corriger après.

Les erreurs fréquentes

  • Passer en charge un bien qui doit être immobilisé, au-delà du seuil de 500 euros hors taxes ou hors tolérance.
  • Oublier le prorata temporis la première année et déduire une annuité complète.
  • Commencer l'amortissement avant la mise en service sans pouvoir justifier une perte de valeur.
  • Retenir une durée fantaisiste, trop courte pour accélérer la déduction, qui s'apparente à une réserve déguisée.
  • Amortir un terrain, qui n'est pas amortissable.
  • Ne pas tenir le registre des immobilisations à jour, avec date d'acquisition, de mise en service, prix et durée.
  • Confondre amortissement et remboursement d'emprunt, alors que ce sont deux flux distincts.

« Un amortissement ne coûte rien en trésorerie, mais il dit beaucoup sur la façon dont une entreprise anticipe ses investissements. »

Ce qu'il faut retenir

  • L'amortissement étale le coût d'un bien durable sur sa durée normale d'utilisation.
  • C'est une charge calculée : elle réduit le résultat et l'impôt, pas la trésorerie.
  • Les biens de faible valeur, jusqu'à 500 euros hors taxes par bien, peuvent être déduits en charges selon la tolérance de l'administration.
  • L'amortissement linéaire est constant, le dégressif concentre la charge sur les premières années avec des coefficients de 1,25, 1,75 ou 2,25.
  • La première annuité est calculée au prorata temporis à partir de la mise en service.
  • La durée doit refléter l'usage réel du bien : un amortissement démesuré est une réserve déguisée.
  • Le total amorti ne peut pas dépasser le prix de revient, et le terrain ne s'amortit pas.

FAQ : les amortissements

Le dégressif n'est ouvert qu'à certains biens et suppose une durée d'au moins trois ans. Pour un bien éligible, l'entreprise peut l'appliquer ou choisir le linéaire. Un expert-comptable aide à arbitrer.

La tolérance administrative vise les biens dont la valeur unitaire ne dépasse pas 500 euros hors taxes, dans les conditions fixées par le BOFiP.

Oui, dans la limite de la perte de valeur réelle du bien et des usages du secteur. Un amortissement démesuré peut être remis en cause.

À la date de mise en service effective du bien, avec un prorata temporis la première année.

Non, un terrain ne se déprécie pas par l'usage, il n'est donc pas amortissable.

Un investissement en vue ? Parlons-en avant d'acheter. Chez Arona Expertise, à Meylan, aux portes de Grenoble, nous aidons les dirigeants à choisir entre achat, financement et location, à fixer les bonnes durées d'amortissement et à mesurer l'effet sur leur résultat et leur trésorerie. Vous avez face à vous un interlocuteur humain, disponible et à l'écoute, qui prend le temps de comprendre votre projet. Valentin Moro, expert-comptable et fondateur du cabinet, a créé Arona Expertise avec une conviction : un dirigeant ne doit jamais se sentir seul face à ses décisions d'investissement. Contactez Arona Expertise pour un premier échange gratuit et sans engagement.
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Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l'Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.

Sources : bofip.impots.gouv.fr (BOI-BIC-AMT-20-10 amortissement linéaire ; BOI-BIC-AMT-20-20-30 amortissement dégressif ; BOI-BIC-CHG-20-30-10 biens de faible valeur) ; impots.gouv.fr.

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