Thématique : Comptabilité
Vous venez d'acheter un véhicule, un ordinateur ou une machine pour votre entreprise. Pouvez-vous déduire toute la dépense cette année ? La réponse est le plus souvent non : le bien est inscrit à l'actif, puis sa valeur est réduite chaque année par un amortissement. Cette mécanique, simple en apparence, influence directement votre résultat, votre impôt et votre trésorerie. Voici un guide complet des amortissements en 2026, fondé sur les sources officielles.

L'amortissement constate la perte de valeur d'un bien durable utilisé par l'entreprise. Au lieu de comptabiliser la totalité du prix d'achat en charge l'année de l'acquisition, on l'étale sur la durée pendant laquelle le bien sert l'entreprise. Chaque année, une fraction du prix, appelée annuité, vient diminuer le résultat comptable et fiscal.
Le principe est simple : un véhicule acheté aujourd'hui servira pendant plusieurs années, il est donc normal que son coût soit réparti sur ces années plutôt que supporté en une seule fois. L'amortissement est une charge calculée : il ne correspond à aucun décaissement de l'année. L'argent est sorti le jour de l'achat.
Sont amortissables les biens dont l'usage est limité dans le temps et qui perdent de la valeur : machines, matériel informatique, mobilier, véhicules, agencements, logiciels, certains travaux. Les terrains, eux, ne s'amortissent pas, car on considère qu'ils ne se déprécient pas par l'usage.
Un bien est immobilisé lorsqu'il est destiné à servir durablement l'activité de l'entreprise. Ce choix, entre charge immédiate et immobilisation, est l'un des premiers réglages à faire correctement. Il rejoint la logique des charges externes : une dépense courante va en charge, un bien durable va à l'actif.
L'administration fiscale tolère que certains biens de faible valeur soient directement déduits en charges l'année de leur acquisition. Le seuil retenu est de 500 euros hors taxes par bien, apprécié sur la valeur unitaire. Cette tolérance vise notamment :
Elle ne s'applique ni à l'équipement initial, ni au renouvellement complet du mobilier d'un bureau, d'un restaurant ou d'un magasin. Pour un ensemble d'éléments indissociables, le seuil s'apprécie sur le prix global.
Il répartit la perte de valeur de façon égale sur la durée normale d'utilisation du bien. L'annuité est le prix de revient divisé par le nombre d'années d'amortissement, ou, ce qui revient au même, le prix de revient multiplié par le taux linéaire. Un bien amorti sur cinq ans se déprécie ainsi de 20 % par an.
L'amortissement commence à la date de mise en service effective du bien. La première annuité est réduite en proportion de la période écoulée entre le début de l'exercice et la mise en service : c'est le prorata temporis. Le total des amortissements ne peut jamais dépasser le prix de revient.
Il concentre davantage la charge sur les premières années. Le taux dégressif est le taux linéaire multiplié par un coefficient qui dépend de la durée normale d'utilisation, pour les biens acquis depuis 2010 :
| Durée normale d'utilisation | Coefficient |
|---|---|
| 3 ou 4 ans | 1,25 |
| 5 ou 6 ans | 1,75 |
| Plus de 6 ans | 2,25 |
Le taux dégressif s'applique chaque année à la valeur nette comptable restante, et non au prix d'achat. Dès que l'annuité dégressive devient inférieure à la valeur nette divisée par le nombre d'années restant à courir, l'entreprise peut retenir ce quotient, c'est-à-dire repasser en linéaire jusqu'à la fin. Ce régime ne concerne que certains biens, et la première annuité est elle aussi calculée au prorata des mois de détention.

Une société acquiert une machine de 12 000 euros hors taxes, amortissable sur 5 ans, mise en service le 1er juillet de l'année N. Son exercice coïncide avec l'année civile.
| Année | Linéaire (20 %) | Dégressif (20 % × 1,75 = 35 %) |
|---|---|---|
| N (6 mois sur 12) | 1 200,00 € | 2 100,00 € |
| N+1 | 2 400,00 € | 3 465,00 € (35 % de 9 900 €) |
| N+2 | 2 400,00 € | 2 252,25 € (35 % de 6 435 €) |
| Cumul fin N+2 | 6 000,00 € | 7 817,25 € |
Au bout de trois exercices, le régime dégressif a déduit 1 817,25 euros de plus que le linéaire. Sur toute la durée de vie, le total déduit est identique : 12 000 euros. Le dégressif déplace donc la déduction vers les premières années, ce qui réduit l'impôt plus tôt, mais l'augmente ensuite. C'est un avantage de trésorerie, pas une économie définitive.
La durée doit correspondre à la durée normale d'utilisation du bien dans l'entreprise, appréciée selon les usages de la profession. L'administration admet les amortissements dans les limites généralement retenues pour le secteur d'activité. Les taux doivent refléter la perte de valeur réelle : un amortissement démesuré revient à constituer une réserve déguisée, ce que l'administration peut remettre en cause.
Quelques ordres de grandeur couramment pratiqués, à adapter à chaque situation et à chaque secteur :
Ces durées sont indicatives et ne remplacent pas l'analyse du bien concret et de son usage. Un expert-comptable aide à documenter ce choix pour qu'il résiste à un contrôle.
Quand un bien est vendu ou mis au rebut avant la fin de son amortissement, sa valeur nette comptable sort de l'actif. La différence entre le prix de vente et cette valeur nette constitue une plus-value ou une moins-value, qui entre dans le résultat selon le régime fiscal applicable. Un amortissement trop rapide peut donc se retourner contre l'entreprise à la revente, en augmentant la plus-value. C'est un point à anticiper pour les biens appelés à être revendus rapidement.
Un bien peut être acheté comptant, financé par emprunt, ou loué (location longue durée, crédit-bail). Chaque option a une traduction comptable différente : le bien acheté est amorti, les loyers d'une location simple sont comptabilisés en charges externes. Le choix dépend de la durée d'usage, de la trésorerie disponible et de la fiscalité. Comparer en chiffres avant d'acheter est souvent plus rentable que de corriger après.
« Un amortissement ne coûte rien en trésorerie, mais il dit beaucoup sur la façon dont une entreprise anticipe ses investissements. »
Le dégressif n'est ouvert qu'à certains biens et suppose une durée d'au moins trois ans. Pour un bien éligible, l'entreprise peut l'appliquer ou choisir le linéaire. Un expert-comptable aide à arbitrer.
La tolérance administrative vise les biens dont la valeur unitaire ne dépasse pas 500 euros hors taxes, dans les conditions fixées par le BOFiP.
Oui, dans la limite de la perte de valeur réelle du bien et des usages du secteur. Un amortissement démesuré peut être remis en cause.
À la date de mise en service effective du bien, avec un prorata temporis la première année.
Non, un terrain ne se déprécie pas par l'usage, il n'est donc pas amortissable.
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Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l'Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.
Sources : bofip.impots.gouv.fr (BOI-BIC-AMT-20-10 amortissement linéaire ; BOI-BIC-AMT-20-20-30 amortissement dégressif ; BOI-BIC-CHG-20-30-10 biens de faible valeur) ; impots.gouv.fr.


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