SMIC et charges patronales 2026 : ce qui a changé pour les employeurs

SMIC et charges patronales 2026 : ce qui a changé pour les employeurs

Temps de lecture : 8 min | Thématique : Paie & RH

2026 est une année charnière pour la paie des entreprises françaises. D’un côté, le SMIC a connu deux revalorisations successives, une situation rare. De l’autre, la réduction générale des cotisations patronales — longtemps appelée « réduction Fillon » — a été entièrement refondue sous un nouveau nom : la réduction générale dégressive unique (RGDU). Pour tout employeur, ces deux évolutions combinées changent concrètement le coût du travail, en particulier pour les salaires proches du SMIC. Ce guide fait le point sur les montants exacts et sur ce que chaque dirigeant doit vérifier dans sa paie.

Le SMIC en 2026 : deux revalorisations en une année

Le SMIC a été revalorisé une première fois au 1er janvier 2026, selon le mécanisme annuel habituel, puis une seconde fois au 1er juin 2026, en application de la clause de revalorisation automatique déclenchée dès que l’inflation dépasse 2 % depuis la dernière hausse.

Période SMIC horaire brut SMIC mensuel brut (35h) SMIC mensuel net estimé
Du 1er janvier au 31 mai 2026 12,02 € 1 823,03 € 1 443,11 €
Depuis le 1er juin 2026 12,31 € 1 867,02 € 1 477,93 €

La hausse de juin représente une revalorisation de 2,41 %, soit près de 44 € brut supplémentaires par mois pour un salarié à temps plein rémunéré au SMIC. Cette hausse s’applique automatiquement à tous les salariés payés au SMIC, sans démarche particulière de l’employeur — mais elle doit être intégrée immédiatement dans le logiciel de paie pour la période concernée.

⚠️ Point de vigilance : vérifiez que vos salariés payés au SMIC ou proches du SMIC conventionnel sont bien passés au nouveau montant dès la paie de juin 2026. Un oubli expose à un rappel de salaire et, en cas de contrôle, à des pénalités pour non-respect du salaire minimum légal.
Cabinet Arona Expertise Meylan
Cabinet Arona Expertise : Meylan, 38240

La réforme RGDU : la nouvelle réduction générale des cotisations patronales

Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif d’allègement des cotisations patronales est renommé réduction générale dégressive unique (RGDU). Cette réforme, prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 et précisée par décret fin 2025, modifie en profondeur le calcul des charges patronales pour la quasi-totalité des employeurs.

Ce qui disparait : les taux réduits maladie et allocations familiales

Avant la réforme, les employeurs bénéficiaient de taux réduits spécifiques sur les cotisations patronales d’assurance maladie et d’allocations familiales, en complément de la réduction générale. Depuis le 1er janvier 2026, ces taux réduits sont supprimés : la cotisation maladie est désormais déclenchée au taux plein de 13 % et la cotisation allocations familiales au taux plein de 5,25 % pour l’ensemble des salariés, quel que soit leur niveau de rémunération.

Ce qui compense : un plafond étendu à 3 SMIC

Pour compenser cette suppression, le champ d’application de la réduction générale est considérablement élargi. Jusqu’en 2025, elle ne s’appliquait qu’aux salaires inférieurs à 1,6 fois le SMIC. Depuis 2026, elle concerne désormais les salaires inférieurs à 3 fois le SMIC, soit jusqu’à environ 5 469 € brut mensuel sur la base du SMIC de janvier 2026.

Ancien plafond RGDU (avant 2026) : 1,6 × SMIC Nouveau plafond RGDU (depuis 2026) : 3 × SMIC, soit jusqu’à 5 469,09 € brut/mois

Concrètement, un bien plus grand nombre de salariés — notamment les profils intermédiaires et cadres en début de carrière — sont désormais couverts par un allègement dégressif des cotisations patronales, là où ils en étaient exclus auparavant.

La nouvelle formule de calcul

Le coefficient de la RGDU se calcule désormais selon une formule actualisée, intégrant un nouveau paramètre d’exposant qui atténue l’effet de « trappe à bas salaires » :

Coefficient = Tmin + (Tdelta × [(1/2) × (3 × SMIC annuel / rémunération annuelle brute – 1)]^P) Tmin = 0,0200 (seuil minimal d’exonération de 2 %) Tdelta = 0,3781 (entreprises < 50 salariés, FNAL 0,10 %) ou 0,3821 (entreprises ≥ 50 salariés, FNAL 0,50 %) P = 1,75

La valeur maximale du coefficient — atteinte au niveau du SMIC — s’élève donc à environ 39,81 % pour les entreprises de moins de 50 salariés, et 40,21 % pour celles de 50 salariés et plus. Plus la rémunération s’éloigne du SMIC, plus le coefficient dimue, jusqu’à s’annuler à partir de 3 SMIC.

⚠️ Point technique important : pour le calcul de la RGDU au titre de toute l’année 2026, le SMIC de référence retenu est celui du 1er janvier 2026 (12,02 €/h), et non celui revalorisé au 1er juin. Ce « gel » du paramètre SMIC pour le calcul du coefficient a été confirmé par décret en juin 2026. Concrètement, deux valeurs de SMIC coexistent en 2026 : celle effectivement versée au salarié (12,31 € depuis juin) et celle utilisée pour calculer l’allègement de charges (12,02 €, gelée toute l’année). Une confusion entre ces deux paramètres est une source fréquente d’erreur de paie.
Cabinet Arona Expertise - Meylan, Grenoble
Arona Expertise accompagne les employeurs de l’Isère dans la gestion de leur paie et de leurs charges sociales

Les autres nouveautés sociales du 1er janvier 2026

Au-delà de la RGDU, plusieurs autres paramètres de paie évoluent en 2026 :

  • Cotisation patronale d’assurance vieillesse déplafonnée : le taux est porté à 2,11 % (contre 2,02 % auparavant)
  • Cotisation accidents du travail / maladies professionnelles imputable à la RGDU : fixée à 0,49 % (au lieu de 0,50 % précédemment)
  • Déduction forfaitaire patronale sur les heures supplémentaires : le seuil de 250 salariés conditionnant l’application de cette déduction est supprimé depuis le 1er janvier 2026. Tous les employeurs éligibles à la RGDU peuvent désormais en bénéficier, quel que soit leur effectif
  • Bandeau famille : le taux réduit de 3,45 % sur les allocations familiales (au lieu de 5,25 %) reste maintenu uniquement pour certains employeurs spécifiques bénéficiant d’exonérations dérogatoires (régimes spéciaux, DOM, etc.), et non plus pour l’ensemble des employeurs comme avant la réforme

Ce que chaque employeur doit vérifier maintenant

  • Mettre à jour le logiciel de paie ou vérifier auprès de son prestataire que la nouvelle formule RGDU et les deux valeurs de SMIC (versé et de référence) sont correctement paramétrées
  • Vérifier la rémunération de tous les salariés au SMIC ou proches pour s’assurer du passage effectif au nouveau montant depuis la paie de juin 2026
  • Simuler l’impact global de la réforme sur la masse salariale, en particulier si l’entreprise emploie des salariés entre 1,6 et 3 SMIC, qui bénéficient désormais d’un allègement qu’ils n’avaient pas auparavant
  • Anticiper la régularisation annuelle 2026, qui s’effectuera sur la base du SMIC gelé au 1er janvier, indépendamment des revalorisations ultérieures
  • Documenter les calculs en cas de contrôle URSSAF, la nouvelle formule étant sensiblement plus complexe que l’ancienne

Ce qu’il faut retenir pour 2026

  • Le SMIC a été revalorisé deux fois en 2026 : 12,02 €/h au 1er janvier, puis 12,31 €/h au 1er juin (+2,41 %)
  • La réduction générale des cotisations patronales est devenue la RGDU, avec suppression des taux réduits maladie/famille en échange d’un plafond étendu de 1,6 à 3 SMIC
  • Le SMIC de référence pour le calcul de la RGDU est gelé au 1er janvier 2026 pour toute l’année, distinct du SMIC effectivement versé
  • Le coefficient maximal de réduction atteint environ 39,81 % à 40,21 % du salaire brut selon l’effectif de l’entreprise
  • Le seuil de 250 salariés pour la déduction forfaitaire sur les heures supplémentaires est supprimé

FAQ : SMIC et charges patronales en 2026

Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire brut s’élève à 12,31 €, soit 1 867,02 € brut mensuel pour un temps plein de 35 heures (151,67 heures par mois), et environ 1 477,93 € net mensuel. Cette revalorisation de 2,41 % fait suite à celle du 1er janvier 2026, qui avait porté le SMIC à 12,02 € brut de l’heure. Il s’agit de la deuxième hausse du SMIC en 2026, déclenchée automatiquement par le franchissement du seuil de 2 % d’inflation depuis la dernière revalorisation.

La RGDU (réduction générale dégressive unique) est le nouveau nom, depuis le 1er janvier 2026, de l’ancien dispositif de réduction générale des cotisations patronales, longtemps appelé « réduction Fillon ». La réforme fusionne cette réduction avec les anciens taux réduits spécifiques de cotisations maladie et allocations familiales, désormais supprimés. En contrepartie, le plafond d’éligibilité à la réduction est étendu de 1,6 à 3 fois le SMIC, ce qui élargit considérablement le nombre de salariés concernés par un allègement de charges.

Le SMIC effectivement versé aux salariés suit les revalorisations normales : 12,02 €/h jusqu’au 31 mai 2026, puis 12,31 €/h depuis le 1er juin. En revanche, pour le calcul du coefficient de la RGDU, l’administration a fixé par décret en juin 2026 que le SMIC de référence reste gelé à 12,02 €/h pour l’ensemble de l’année 2026, indépendamment des revalorisations ultérieures du SMIC effectivement payé. C’est une source fréquente de confusion en paie, et il convient de bien distinguer ces deux paramètres pour éviter toute erreur de calcul des charges sociales.

Depuis le 1er janvier 2026, la RGDU s’applique aux rémunérations inférieures à 3 fois le SMIC, contre 1,6 fois le SMIC avant la réforme. Sur la base du SMIC de référence au 1er janvier 2026, cela correspond à un plafond mensuel brut d’environ 5 469,09 €. Au-delà de ce montant, l’employeur ne bénéficie plus d’aucun allègement au titre de la réduction générale.

Non, pour la majorité des employeurs. Depuis le 1er janvier 2026, les taux réduits spécifiques de cotisation patronale d’assurance maladie et d’allocations familiales ont été supprimés : ces cotisations sont désormais déclenchées au taux plein (13 % pour la maladie, 5,25 % pour les allocations familiales) pour tous les salariés. Ces taux réduits ne sont maintenus que pour certains employeurs bénéficiant d’exonérations spécifiques dérogatoires, comme certains régimes spéciaux ou employeurs ultramarins (Lodeom).

Oui. Depuis le 1er janvier 2026, le seuil de 250 salariés qui limitait l’application de la déduction forfaitaire patronale sur les heures supplémentaires et les jours de repos auxquels renoncent les salariés en convention de forfait jours est supprimé. Tous les employeurs éligibles à la RGDU peuvent désormais bénéficier de cette déduction, quel que soit leur effectif, ce qui élargit l’avantage aux PME qui en étaient auparavant exclues.

Contactez-nous pour un premier échange gratuit et sans engagement

Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l’Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.

Mis à jour en 2026

Arona Expertise