Thématique : Paie & RH
2026 est une année charnière pour la paie des entreprises françaises. D’un côté, le SMIC a connu deux revalorisations successives, une situation rare. De l’autre, la réduction générale des cotisations patronales — longtemps appelée « réduction Fillon » — a été entièrement refondue sous un nouveau nom : la réduction générale dégressive unique (RGDU). Pour tout employeur, ces deux évolutions combinées changent concrètement le coût du travail, en particulier pour les salaires proches du SMIC. Ce guide fait le point sur les montants exacts et sur ce que chaque dirigeant doit vérifier dans sa paie.
Le SMIC a été revalorisé une première fois au 1er janvier 2026, selon le mécanisme annuel habituel, puis une seconde fois au 1er juin 2026, en application de la clause de revalorisation automatique déclenchée dès que l’inflation dépasse 2 % depuis la dernière hausse.
| Période | SMIC horaire brut | SMIC mensuel brut (35h) | SMIC mensuel net estimé |
|---|---|---|---|
| Du 1er janvier au 31 mai 2026 | 12,02 € | 1 823,03 € | 1 443,11 € |
| Depuis le 1er juin 2026 | 12,31 € | 1 867,02 € | 1 477,93 € |
La hausse de juin représente une revalorisation de 2,41 %, soit près de 44 € brut supplémentaires par mois pour un salarié à temps plein rémunéré au SMIC. Cette hausse s’applique automatiquement à tous les salariés payés au SMIC, sans démarche particulière de l’employeur — mais elle doit être intégrée immédiatement dans le logiciel de paie pour la période concernée.
Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif d’allègement des cotisations patronales est renommé réduction générale dégressive unique (RGDU). Cette réforme, prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 et précisée par décret fin 2025, modifie en profondeur le calcul des charges patronales pour la quasi-totalité des employeurs.
Avant la réforme, les employeurs bénéficiaient de taux réduits spécifiques sur les cotisations patronales d’assurance maladie et d’allocations familiales, en complément de la réduction générale. Depuis le 1er janvier 2026, ces taux réduits sont supprimés : la cotisation maladie est désormais déclenchée au taux plein de 13 % et la cotisation allocations familiales au taux plein de 5,25 % pour l’ensemble des salariés, quel que soit leur niveau de rémunération.
Pour compenser cette suppression, le champ d’application de la réduction générale est considérablement élargi. Jusqu’en 2025, elle ne s’appliquait qu’aux salaires inférieurs à 1,6 fois le SMIC. Depuis 2026, elle concerne désormais les salaires inférieurs à 3 fois le SMIC, soit jusqu’à environ 5 469 € brut mensuel sur la base du SMIC de janvier 2026.
Concrètement, un bien plus grand nombre de salariés — notamment les profils intermédiaires et cadres en début de carrière — sont désormais couverts par un allègement dégressif des cotisations patronales, là où ils en étaient exclus auparavant.
Le coefficient de la RGDU se calcule désormais selon une formule actualisée, intégrant un nouveau paramètre d’exposant qui atténue l’effet de « trappe à bas salaires » :
La valeur maximale du coefficient — atteinte au niveau du SMIC — s’élève donc à environ 39,81 % pour les entreprises de moins de 50 salariés, et 40,21 % pour celles de 50 salariés et plus. Plus la rémunération s’éloigne du SMIC, plus le coefficient dimue, jusqu’à s’annuler à partir de 3 SMIC.
Au-delà de la RGDU, plusieurs autres paramètres de paie évoluent en 2026 :
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire brut s’élève à 12,31 €, soit 1 867,02 € brut mensuel pour un temps plein de 35 heures (151,67 heures par mois), et environ 1 477,93 € net mensuel. Cette revalorisation de 2,41 % fait suite à celle du 1er janvier 2026, qui avait porté le SMIC à 12,02 € brut de l’heure. Il s’agit de la deuxième hausse du SMIC en 2026, déclenchée automatiquement par le franchissement du seuil de 2 % d’inflation depuis la dernière revalorisation.
La RGDU (réduction générale dégressive unique) est le nouveau nom, depuis le 1er janvier 2026, de l’ancien dispositif de réduction générale des cotisations patronales, longtemps appelé « réduction Fillon ». La réforme fusionne cette réduction avec les anciens taux réduits spécifiques de cotisations maladie et allocations familiales, désormais supprimés. En contrepartie, le plafond d’éligibilité à la réduction est étendu de 1,6 à 3 fois le SMIC, ce qui élargit considérablement le nombre de salariés concernés par un allègement de charges.
Le SMIC effectivement versé aux salariés suit les revalorisations normales : 12,02 €/h jusqu’au 31 mai 2026, puis 12,31 €/h depuis le 1er juin. En revanche, pour le calcul du coefficient de la RGDU, l’administration a fixé par décret en juin 2026 que le SMIC de référence reste gelé à 12,02 €/h pour l’ensemble de l’année 2026, indépendamment des revalorisations ultérieures du SMIC effectivement payé. C’est une source fréquente de confusion en paie, et il convient de bien distinguer ces deux paramètres pour éviter toute erreur de calcul des charges sociales.
Depuis le 1er janvier 2026, la RGDU s’applique aux rémunérations inférieures à 3 fois le SMIC, contre 1,6 fois le SMIC avant la réforme. Sur la base du SMIC de référence au 1er janvier 2026, cela correspond à un plafond mensuel brut d’environ 5 469,09 €. Au-delà de ce montant, l’employeur ne bénéficie plus d’aucun allègement au titre de la réduction générale.
Non, pour la majorité des employeurs. Depuis le 1er janvier 2026, les taux réduits spécifiques de cotisation patronale d’assurance maladie et d’allocations familiales ont été supprimés : ces cotisations sont désormais déclenchées au taux plein (13 % pour la maladie, 5,25 % pour les allocations familiales) pour tous les salariés. Ces taux réduits ne sont maintenus que pour certains employeurs bénéficiant d’exonérations spécifiques dérogatoires, comme certains régimes spéciaux ou employeurs ultramarins (Lodeom).
Oui. Depuis le 1er janvier 2026, le seuil de 250 salariés qui limitait l’application de la déduction forfaitaire patronale sur les heures supplémentaires et les jours de repos auxquels renoncent les salariés en convention de forfait jours est supprimé. Tous les employeurs éligibles à la RGDU peuvent désormais bénéficier de cette déduction, quel que soit leur effectif, ce qui élargit l’avantage aux PME qui en étaient auparavant exclues.
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