Thématique : Fiscalité
Chaque année, le barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé pour tenir compte de l’inflation, évitant ainsi que des foyers dont les revenus progressent simplement au rythme des prix ne voient leur impôt augmenter mécaniquement. Pour les revenus de 2025, déclarés au printemps 2026, la loi de finances pour 2026 a fixé cette revalorisation à 0,9 %. Pour les dirigeants d’entreprise, professions libérales et indépendants qui arbitrent chaque année entre rémunération, dividendes et épargne, connaître précisément ce barème est indispensable pour anticiper sa charge fiscale personnelle. Voici le détail des tranches, du calcul, et des mécanismes correctifs à connaître.
Le barème de l’impôt sur le revenu, fixé par l’article 197 du Code général des impôts, comporte cinq tranches dont les taux varient de 0 % à 45 %. Pour l’imposition des revenus 2025, les seuils ont été revalorisés de 0,9 % par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026.
| Tranche de revenu (par part) | Taux d’imposition |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
L’impôt étant progressif, chaque tranche de revenu est taxe au taux qui lui correspond, et non l’intégralité du revenu au taux le plus élevé atteint. C’est une confusion fréquente : un contribuable dont le taux marginal d’imposition (TMI) est de 30 % ne paie pas 30 % sur l’ensemble de ses revenus, mais uniquement sur la fraction comprise dans cette tranche.
Le calcul se déroule en trois étapes, en tenant compte du quotient familial du foyer fiscal :
Exemple pour un célibataire (1 part) avec un revenu net imposable de 30 000 € :
Soit un impôt total de 2 103,99 €, représentant un taux moyen d’imposition de 7,01 % — bien en dessous du TMI de 30 % qui ne s’applique qu’à la dernière tranche de revenu.
Pour atténuer l’entrée dans l’impôt, un mécanisme de décote s’applique automatiquement lorsque l’impôt brut ne dépasse pas certains seuils :
Cette décote vient directement réduire le montant de l’impôt à payer, et peut même l’annuler totalement pour les foyers dont l’impôt brut est très proche du seuil de non-imposition.
Le quotient familial permet d’adapter l’impôt à la situation familiale du foyer. Un couple marié ou pacsé dispose de 2 parts, chaque enfant à charge ouvrant droit à une demi-part supplémentaire (une part entière à partir du troisième enfant). L’avantage fiscal procuré par ces parts supplémentaires est toutefois plafonné : au-delà d’un certain niveau de revenu, l’administration compare le calcul avec et sans les demi-parts liées aux enfants, et retient le montant le plus favorable au contribuable dans la limite du plafond fixé chaque année — lui aussi revalorisé de 0,9 % pour 2026.
Instaurée en 2025 et reconduite par la loi de finances pour 2026, la CDHR vise à garantir un taux d’imposition minimal de 20 % sur les revenus des foyers fiscaux les plus aisés, tant que le déficit public reste supérieur à 3 % du PIB. Elle s’applique aux foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse certains seuils élevés, distincts selon la situation familiale.
Le barème 2026, applicable aux revenus perçus en 2025, comporte cinq tranches : 0 % jusqu’à 11 600 € par part, 11 % de 11 601 € à 29 579 €, 30 % de 29 580 € à 84 577 €, 41 % de 84 578 € à 181 917 €, et 45 % au-delà de 181 917 €. Ces seuils ont été revalorisés de 0,9 % par la loi de finances pour 2026, conformément à l’inflation constatée en 2025.
Non, c’est une confusion très fréquente. Le taux marginal d’imposition (TMI) correspond uniquement au taux de la dernière tranche atteinte par votre revenu. Le barème étant progressif, chaque tranche de revenu est taxée à son propre taux, et seule la fraction de revenu dépassant un seuil est imposée au taux supérieur. Le taux moyen d’imposition, qui rapporte l’impôt total au revenu total, est donc toujours significativement inférieur au TMI.
La tranche à 0 % couvre les revenus jusqu’à 11 600 € par part, mais le seuil réel de non-imposition dépend aussi du mécanisme de décote, qui réduit ou annule l’impôt brut des foyers modestes. En pratique, un célibataire sans charge de famille commence généralement à payer un impôt significatif au-delà d’environ 17 000 € à 18 000 € de revenu net imposable, une fois la décote prise en compte, mais ce seuil varie selon le nombre de parts du foyer fiscal.
La CDHR est un mécanisme instauré en 2025 et reconduit en 2026, qui garantit un taux d’imposition effectif minimal de 20 % sur les revenus des foyers fiscaux les plus aisés. Elle s’applique lorsque l’imposition cumulée au titre de l’impôt sur le revenu et de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) est inférieure à ce seuil de 20 %, et concerne les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse des montants élevés, variables selon la situation familiale.
Le plafond de l’avantage fiscal procuré par les demi-parts supplémentaires de quotient familial a été revalorisé de 0,9 % en même temps que les tranches du barème, conformément à la loi de finances pour 2026. L’administration compare systématiquement le calcul de l’impôt avec et sans l’avantage lié aux enfants à charge, et retient toujours le montant le plus favorable au contribuable, dans la limite de ce plafond annuel.
Le montant d’impôt calculé à partir du barème sert de base au calcul de votre taux de prélèvement à la source (PAS), qui est ensuite appliqué à vos revenus perçus. Ce taux est recalculé chaque année à partir de votre dernière déclaration et apparaît sur votre espace particulier impots.gouv.fr. Pour les dirigeants dont les revenus varient fortement d’une année sur l’autre (rémunération variable, dividendes exceptionnels), une actualisation en cours d’année de ce taux est possible pour éviter un écart trop important entre le prélèvement et l’impôt réellement dû.
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