Thématique : Juridique
Après plusieurs reports depuis 2023, le calendrier de la réforme de la facturation électronique est désormais stabilisé et confirmé par la DGFiP. À partir du 1er septembre 2026, plus de 10 millions d’acteurs économiques en France devront être en mesure de recevoir leurs factures sous format électronique structuré. Que vous soyez une TPE, une PME ou une grande entreprise, cette réforme transforme en profondeur la façon dont vous émettez, recevez et transmettez vos factures à l’administration fiscale. Ce guide fait le point sur le calendrier exact, les obligations selon la taille de votre entreprise, et les actions à mener dès maintenant pour éviter tout retard de mise en conformité.
La réforme repose sur deux mécanismes complémentaires et distincts, qu’il est essentiel de bien différencier :
Point essentiel souvent mal compris : un simple PDF envoyé par email ne constitue pas une facture électronique au sens de la réforme. Pour être conforme, une facture doit être émise dans un format structuré ou hybride et transiter obligatoirement par une plateforme habilitée.
Le calendrier distingue deux échéances bien différentes selon qu’il s’agit de l’obligation de recevoir ou de l’obligation d’émettre des factures électroniques.
| Taille d’entreprise | Obligation de réception | Obligation d’émission |
|---|---|---|
| Grandes entreprises (> 5 000 salariés) | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2026 |
| ETI (250 à 5 000 salariés) | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2026 |
| PME (10 à 250 salariés) | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
| TPE (< 10 salariés) | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
| Micro-entreprises / auto-entrepreneurs | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
La réforme s’applique à toutes les entreprises assujetties à la TVA et établies en France, qui réalisent des transactions B2B sur le territoire national — y compris les entreprises bénéficiant du régime de franchise en base de TVA (auto-entrepreneurs et micro-entreprises non redevables). Sont concernées :
Ne sont en revanche pas concernées par l’obligation d’e-invoicing : les transactions B2C (vente aux particuliers), qui relèvent de l’e-reporting, ainsi que les transactions internationales hors de France, qui suivent un régime distinct. Pour les opérations avec le secteur public (B2G), Chorus Pro reste le canal obligatoire, indépendamment de cette réforme.
Les factures électroniques ne peuvent pas être échangées directement entre entreprises : elles doivent transiter par une plateforme habilitée par l’administration fiscale. Deux options coexistent :
Chaque entreprise doit désigner sa plateforme pour émettre et recevoir ses factures électroniques et déclarer ses données. Le choix de la plateforme et l’enrôlement technique restent à la charge de l’entreprise, même si l’expert-comptable peut guider ce choix.
Au-delà du changement de format, la réforme impose l’ajout de quatre nouvelles mentions obligatoires sur les factures émises à partir du 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, et du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises :
Ces mentions concernent toutes les entreprises qui passeront à la facturation électronique, et sont indépendantes du format électronique choisi : même une facture PDF émise avant l’échéance doit déjà les intégrer si elle est établie après le 1er septembre 2026.
Le non-respect des obligations de facturation électronique est sanctionné par le Code général des impôts, qui prévoit une amende de 15 € par facture non conforme, plafonnée à 15 000 € par entreprise et par année civile. Ce plafonnement annuel limite le risque pour les structures qui rencontreraient des difficultés ponctuelles de mise en conformité, mais ne dispense en rien de l’obligation.
Quelle que soit la taille de votre entreprise, plusieurs actions peuvent et doivent être engagées dès aujourd’hui :
L’obligation de réception est universelle et s’applique à toutes les entreprises dès le 1er septembre 2026, indépendamment de leur taille. L’obligation d’émission, en revanche, dépend de la taille de l’entreprise : elle s’applique dès le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, et seulement à partir du 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises. Une TPE doit donc être techniquement prête à recevoir des factures électroniques dès 2026, même si elle n’a pas encore l’obligation d’en émettre.
Non. Un PDF envoyé par email ne répond pas aux exigences de la réforme, même s’il s’agit techniquement d’un fichier numérique. Pour être conforme, une facture doit être émise dans un format structuré (UBL, CII) ou hybride (Factur-X, qui combine un PDF lisible et des données XML intégrées) et transiter obligatoirement par une plateforme agréée par l’administration fiscale. Un simple PDF, même envoyé par email professionnel, n’est pas reconnu comme une facture électronique au sens de la réforme.
Oui. Tout micro-entrepreneur ou travailleur indépendant assujetti à la TVA est soumis à la réforme, y compris ceux bénéficiant du régime de franchise en base de TVA. L’obligation de réception s’applique dès le 1er septembre 2026, et l’obligation d’émission à partir du 1er septembre 2027, comme pour les autres TPE et PME.
Le non-respect des obligations de facturation électronique est sanctionné par une amende de 15 € par facture non conforme, plafonnée à 15 000 € par entreprise et par année civile, conformément au Code général des impôts. Ce plafonnement limite le risque financier global, mais l’entreprise reste tenue de se mettre en conformité dès que possible pour éviter l’accumulation de pénalités.
Le Portail Public de Facturation (PPF), basé sur Chorus Pro, a vu son rôle recentré sur l’annuaire des destinataires et la remontée des données fiscales vers l’administration. Il n’assure plus de fonction généraliste de facturation. La majorité des flux d’émission et de réception transite désormais par une Plateforme Agréée (PA), choisie librement par l’entreprise sur la liste publiée par l’administration fiscale. Le choix dépend de votre logiciel de comptabilité existant, de votre volume de facturation et des fonctionnalités souhaitées (archivage, gestion documentaire intégrée, etc.).
Non, l’obligation d’e-invoicing (émission et réception de factures électroniques structurées) ne concerne que les transactions entre entreprises assujetties à la TVA (B2B). Les ventes aux consommateurs particuliers (B2C) ne sont pas soumises à cette obligation de facturation électronique, mais relèvent du mécanisme distinct d’e-reporting : l’entreprise doit transmettre périodiquement les données de ces transactions à l’administration fiscale, sans pour autant émettre une facture électronique structurée au client final.
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