La micro-entreprise est souvent la porte d'entré idéale pour se lancer. Simple, rapide, sans comptabilité lourde. Mais avec le développement de l'activité, ce régime montre parfois ses limites : charges réelles qui dépassent l'abattement forfaitaire, impossibilité de récupérer la TVA sur les investissements si vous n’êtes pas sous le régime de TVA, crédibilité limitée vis-à-vis de certains clients professionnels. Le passage au régime réel de l'entreprise individuelle devient alors une nécessité — subie ou choisie.
Ce guide vous explique quand, pourquoi et comment effectuer ce basculement en 2026.
C'est un point qui prête souvent à confusion. La micro-entreprise n'est pas un statut juridique distinct : c'est simplement un régime fiscal et social simplifié dont bénéficient certains entrepreneurs individuels. Passer de la micro-entreprise à l'entreprise individuelle au réel, c'est donc changer de régime d'imposition — pas de statut juridique.
Pour la période 2026-2028, les seuils de chiffre d'affaires du régime micro-entreprise sont fixés à 203 100 € pour les activités de vente de marchandises et les prestations d'hébergement, et à 83 600 € pour les prestations de services commerciales ou artisanales ainsi que pour lesa ctivités libérales. Ces seuils sont définis aux articles 50-0 et 102 ter du Code général des impôts.
Un point pratique important : en micro-entreprise, le plafond de chiffre d'affaires s'apprécie en toutes taxes comprises (TTC), même si vous êtes assujetti à la TVA. Surveillez donc le bon indicateur.
Sans attendre de dépasser les seuils de chiffre d'affaires ou par volonté d'optimiser le montant de vos cotisations sociales,vous pouvez à tout moment quitter le régime micro-entrepreneur pour passer au régime réel de l'entreprise individuelle.
C'est souvent la meilleure décision lorsque vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire. Un prestataire de servicesqui consacre une grande part de son chiffre d'affaires à l'achat de matériel, àla sous-traitance ou au loyer d'un local professionnel a souvent plus à gagneravec le régime réel qu'avec l'abattement du micro.
Le régime réel applicable dépend de la nature et du volume de votre activité. Pour les activités BIC, le régime réel simplifiés'applique lorsque le chiffre d'affaires est compris entre 203 100 € et 945 000€ ; le régime réel normal s'applique au-delà de 945 000 €. Pour les activitésBNC ou les prestations de services BIC, le régime réel simplifié s'applique entre 83 600 € et 286 000 €, et le régime réel normal au-delà de 286 000 €.
Régime réel simplifié (RSI) : obligations comptables allégées, bilan simplifié,déclaration TVA. C'est le régime qui concerne la très grande majorité des TP en transition.
Régime réel normal : comptabilité complète, liasse fiscale détaillée, déclarations de TVA mensuelles ou trimestrielles. Il s'impose au-delà des seuils du simplifié ousur option.
Régime de la déclaration contrôlée : réservé aux professions libérales relevant des BNC. Les recettes et dépenses réelles sont déclarées via le formulaire 2035.
Vous devez informer l'URSSAF de votre choix de quitter le régime micro-social. Cela peut se faire par la messagerie sécurisée de votre espace auto-entrepreneur sur le site de l'URSSAF
Sur le plan fiscal, l'option pour le régime réel se fait par courrier en prenant contact directement auprès de l’administration fiscale. Au regard de la complexité passer par un cabinet d’expertise comptable est très fortement conseillé. Le changement n’est pas automatique, des appels et de courriers complémentaires sont parfois nécessaire et cette procédure peut être longue surtout au niveau des services de l’URSSAF.
L'ensemble des démarches est détaillé sur entreprendre.service-public.fr.
Aucune formalité de changement de statut juridique n'est requise, mais des démarches fiscales oui. Vous devez :
C'est la différence la plus immédiate. Exit le simple livre des recettes : vous devez désormais tenir une comptabilité complète ou simplifiée selon votre régime. Cela implique l'enregistrement de toutes les opérations (ventes, achats, charges), un bilan et un compte de résultat annuels, et le dépôt d'une liasse fiscale.
C'est une tâche administrative significative. C'est aussi la raison pour laquelle la grande majorité des entrepreneurs qui passent au réel font appel à un expert-comptable.
Au régime réel, vous devenez assujetti à la TVA (sauf si vous restez sous les seuils de franchise en base). Cela signifie que vous facturez la TVA à vos clients et que vous récupérez la TVA sur vos achats professionnels. Pour les activités qui investissent en matériel ou font appel à des sous-traitants, c'est un avantage financier important.
Les règles de TVA applicables aux entreprises individuelles sont consultables sur impots.gouv.fr.
C'est le changement le plus structurant sur le plan de trésorerie. En micro-entreprise, vos cotisations sont calculées sur votre chiffre d'affaires. Au régime réel, elles sont calculées sur votre bénéfice, c'est-à-dire votre chiffre d'affaires diminué de vos charges réelles.
Conséquence directe : si vos charges réelles sont élevées et votre bénéfice faible, le passage au réel peut réduire significativement vos cotisations sociales par rapport au micro.
C'est l'un des principaux attraits du régime réel. Vous pouvez déduire de votre chiffre d'affaires l'ensemble de vos chargesp rofessionnelles réelles :
Ce dernier point est particulièrement important : les amortissements permettent de déduire fiscalement la perte de valeur de vos équipements sur plusieurs années, ce que le régime micro ne permet pas.
Le régime réel est généralement plus favorable dans les situations suivantes :
Oui, sous conditions. Si vous remplissez les conditions de la micro-entreprise (activité éligible, seuils de chiffre d'affaires respectés), il est possible de revenir à la micro-entreprise après avoir opté pour le régime réel. Ce sera notamment le cas en cas de baisse durable du chiffre d'affaires sous les seuils applicables.
Le passage de la micro-entreprise au régime réel de l'entreprise individuelle est une étape naturelle dans le développement d'une activité. En 2026, les points essentiels à retenir :
Ce changement mérite une analyse personnalisée avant d'être effectué. Notre cabinet accompagne les entrepreneurs individuels dans cette transition : simulation comparative micro vs réel, mise en place de la comptabilité, gestion de la TVA et optimisation fiscale.
Contactez-nous pour un premier échange gratuit et sans engagement.
Article rédigé par Arona Expertise — Expert-comptableà Meylan 38240
Pour en savoir plus sur la profession : Ordre desexperts-comptables
Mis à jour en 2026 — Sources : economie.gouv.fr · entreprendre.service-public.fr · impots.gouv.fr · urssaf.fr · Legifrance — CGI art. 50-0 et 102 ter

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