Thématique : Fiscalité
Lors de la création de votre société, ou même en cours de vie sociale, une question fiscale revient systématiquement : faut-il opter pour l'impôt sur les sociétés (IS) ou l'impôt sur le revenu (IR) ?
Ce choix est structurant. Il impacte directement le montant de vos impôts, votre rémunération de dirigeant, et la stratégie financière de votre entreprise.
Pourtant, il n'existe pas de réponse universelle. Tout dépend de votre situation personnelle, de votre structure juridique et de vos objectifs.
L'IS est un impôt prélevé directement sur les bénéfices de la société. C'est la société qui est redevable de l'impôt, pas le dirigeant à titre personnel.
En 2025, le taux normal de l'IS est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfices pour les PME éligibles (chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros, capital détenu à 75 % minimum par des personnes physiques).
Le dirigeant est ensuite imposé personnellement sur la rémunération qu'il se verse (salaire ou dividendes), mais les bénéfices laissés dans la société ne supportent que l'IS.
Avec l'IR, les bénéfices de la société sont directement intégrés dans la déclaration personnelle du dirigeant, proportionnellement à sa quote-part dans le capital.
Il n'y a pas d'impôt au niveau de la société : c'est le foyer fiscal du dirigeant qui est imposé, selon le barème progressif de l'IR pouvant atteindre 45 %.
• SAS / SASU
• SA
• SARL (sauf option IR sous conditions)
• Entreprise individuelle (EI)
• SNC
• Société civile (SCI, SCM...)
• EURL dont l'associé unique est une personne physique
Certaines sociétés peuvent opter temporairement pour l'IR alors qu'elles sont normalement à l'IS.
C'est notamment le cas des SARL de famille ou des sociétés jeunes de moins de 5 ans sous certaines conditions. Cette option reste limitée dans le temps.
Si vous réalisez des bénéfices importants et souhaitez les laisser dans la société pour les réinvestir, l'IS est généralement plus avantageux.
Vous n'êtes pas imposé personnellement sur les bénéfices conservés dans l'entreprise.
Si votre activité génère des déficits au démarrage, ceux-ci s'imputent directement sur votre revenu global, ce qui peut réduire votre imposition personnelle.
À l'IS, le dirigeant peut se verser un salaire déductible du résultat de la société, ce qui réduit la base imposable.
Il peut également se distribuer des dividendes soumis à la flat tax de 30 %.
À l'IR, les bénéfices sont imposés directement dans le foyer fiscal, qu'ils soient réellement retirés ou non.
À l'IR, les déficits peuvent être imputés sur le revenu global du foyer fiscal.
C'est un avantage important pour les créateurs d'entreprise qui disposent d'autres revenus.
À l'IS, les déficits restent dans la société et sont reportables sur les bénéfices futurs.
En cas de cession, le régime fiscal impacte directement la taxation de la plus-value.
L'IS offre généralement davantage de possibilités d'optimisation fiscale, notamment pour les PME et start-ups en croissance.
• Vous prévoyez des bénéfices importants à réinvestir
• Votre tranche marginale d'imposition est élevée
• Vous souhaitez optimiser votre rémunération
• Vous envisagez une cession future
• Vous développez une start-up ou une PME en croissance
• Vous démarrez avec des déficits prévisionnels
• Votre tranche d'imposition est faible
• Vous exercez une activité artisanale ou libérale avec des revenus modestes
• Vous recherchez une gestion fiscale simple
Marc dirige une EURL avec 60 000 € de bénéfices annuels.
Son foyer fiscal ne dispose pas d'autres revenus significatifs.
Les 60 000 € sont directement intégrés dans le revenu imposable du foyer fiscal.
Une partie de ces revenus pourra être imposée dans une tranche élevée du barème progressif.
La société paie :
• 15 % sur les 42 500 premiers euros
• 25 % sur le reste
Marc se verse ensuite une rémunération adaptée à sa situation personnelle.
Les bénéfices conservés dans la société ne supportent que l'IS.
Dans cet exemple simplifié, l'IS devient souvent plus intéressant si une partie des bénéfices reste dans l'entreprise.
Le choix entre IS et IR influence directement votre stratégie fiscale, votre rémunération et le développement de votre entreprise.
• L'IS est souvent plus adapté aux sociétés en croissance et aux dirigeants fortement imposés
• L'IR reste pertinent pour les activités modestes ou les débuts d'activité avec déficits
• Le passage de l'IR à l'IS est généralement irrévocable
• Une simulation avec un expert-comptable reste indispensable avant de choisir
Article rédigé par Arona Expertise — Expert-comptable à Meylan
Mis à jour en 2026
Pour en savoir plus sur la profession : Ordre des experts-comptables


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