Comment se rémunérer en SASU ?
Temps de lecture : 5 min | Thématique : Paie & Fiscalité
C'est l'une des premières questions que se posent les présidents de SASU : comment sortir de l'argent de ma société ? Contrairement à un salarié classique, vous avez le choix entre plusieurs modes de rémunération — salaire, dividendes, ou les deux combinés — chacun avec des implications fiscales et sociales très différentes. Ce guide vous donne toutes les clés pour choisir la stratégie la plus adaptée à votre situation en 2026.
La particularité du président de SASU : l'assimilé salarié
Le président de SASU relève du statut d'assimilé salarié. S'il choisit de se verser un salaire, il est affilié au régime général de la Sécurité sociale — exactement comme un cadre — et bénéficie de la même protection : assurance maladie, retraite de base, retraite complémentaire Agirc-Arrco, prévoyance, indemnités journalières.
Une différence de taille cependant : le président de SASU ne cotise pas à l'assurance chômage. En cas de cessation d'activité, il ne peut pas prétendre à l'ARE, sauf s'il a souscrit une assurance privée (GSC, Appi…). Sa rémunération est décidée librement et doit être formalisée chaque année par un procès-verbal de décision de l'associé unique.
Option 1 : se verser un salaire
Le président fixe son salaire brut mensuel. La SASU établit un bulletin de paie, déclare les cotisations via la DSN et les verse à l'URSSAF. Le salaire est une charge déductible du résultat — ce qui réduit la base de calcul de l'IS.
En 2026, les charges sociales totales (part salariale + patronale) représentent environ 82 % du salaire net versé. Pour percevoir 3 000 € nets, la SASU débourse environ 5 460 €. Le PMSS est fixé à 4 005 € en 2026.
Voici les seuils minimaux de salaire brut annuel pour valider les droits sociaux essentiels, selon le simulateur officiel mon-entreprise.urssaf.fr :
| Droit social | Salaire brut annuel minimum |
|---|---|
| Validation de 4 trimestres de retraite | 7 212 € |
| Capital décès | 4 808 € |
| Indemnités journalières maladie, maternité/paternité, invalidité | 24 401 € |
Option 2 : se verser des dividendes
Les dividendes sont la part du bénéfice net après IS distribuée à l'actionnaire. Ils ne constituent pas une charge pour la société. En 2026, ils sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % : 12,8 % d'IR forfaitaire + 17,2 % de prélèvements sociaux.
L'avantage clé en SASU : les dividendes ne sont soumis à aucune cotisation sociale — quelle que soit leur montant. C'est une différence structurelle majeure avec la SARL, où les dividendes versés au gérant majoritaire dépassant 10 % du capital sont assujettis aux cotisations TNS.
Attention à la taxe PUMa — prévue à l'article L. 380-2 du Code de la Sécurité sociale : si votre salaire annuel est inférieur à 9 612 € en 2026 (20 % du PASS), l'administration prélève 6,5 % sur vos dividendes. Pour 100 000 € de dividendes, la cotisation peut dépasser 5 000 €. La solution : versez-vous un salaire brut annuel d'au moins 9 612 € pour sortir du champ d'application de la PUMa.
Option 3 : la combinaison salaire + dividendes
C'est la stratégie la plus souvent recommandée. Elle combine un salaire modéré pour valider les droits sociaux et réduire la base IS, et des dividendes pour compléter la rémunération à fiscalité allégée. Au-delà de 60 000 à 70 000 € de bénéfice annuel, ce mix génère presque systématiquement un revenu disponible supérieur à la stratégie 100 % salaire.
| Critère | Salaire | Dividendes |
|---|---|---|
| Charges sociales | ~82 % du net | Aucune |
| Fiscalité | IR au barème progressif | Flat tax 30 % (ou barème IR sur option) |
| Déductible de l'IS | Oui | Non |
| Droits sociaux (retraite, IJ…) | Oui | Non |
| Risque PUMa | Non si salaire > 9 612 €/an | Oui si salaire < 9 612 €/an |
Ce qu'il faut retenir
- Le président de SASU est assimilé salarié — même protection qu'un cadre, sauf assurance chômage
- Les charges sociales sur salaire représentent environ 82 % du salaire net — partiellement compensées par la déductibilité IS
- Les dividendes sont soumis à la flat tax de 30 % — sans aucune cotisation sociale supplémentaire
- La taxe PUMa (6,5 %) s'applique sur les dividendes si votre salaire annuel est inférieur à 9 612 € — versez-vous au minimum ce seuil
- Pour valider tous vos droits sociaux (retraite + indemnités journalières), un salaire brut d'au moins 24 401 €/an est nécessaire en 2026
- Le mix salaire + dividendes est souvent optimal au-delà de 60 000 à 70 000 € de bénéfice annuel
- Le PER individuel permet de déduire jusqu'à 37 680 € de versements de votre revenu imposable en 2026
FAQ — Se rémunérer en SASU
Oui, le président de SASU peut tout à fait ne pas se verser de salaire. Sa rémunération est libre et peut être nulle. Mais attention : sans salaire, il n'a aucune protection sociale au titre de son mandat (pas de retraite, pas d'indemnités journalières). Et si ses dividendes dépassent un certain seuil, la taxe PUMa de 6,5 % s'applique. Il est donc recommandé de se verser a minima 9 612 € brut par an.
La PUMa (Protection Universelle Maladie) prévoit une cotisation subsidiaire maladie de 6,5 % sur les revenus du capital (dont les dividendes) dès lors que vos revenus d'activité sont inférieurs à 9 612 € en 2026. Pour l'éviter, il suffit de se verser un salaire brut annuel d'au moins ce montant — soit environ 801 € brut par mois.
Non, c'est l'un des atouts majeurs de la SASU. Les dividendes versés au président-actionnaire ne sont soumis à aucune cotisation sociale, quel que soit leur montant. Seule la flat tax de 30 % s'applique (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). C'est une différence structurelle importante par rapport à la SARL, où les dividendes du gérant majoritaire dépassant 10 % du capital sont assujettis aux cotisations TNS.
Le mix salaire + dividendes devient généralement optimal au-delà de 60 000 à 70 000 € de bénéfice annuel. En dessous, la complexité de gestion (bulletin de paie, DSN, acomptes IS) peut ne pas justifier l'économie réalisée. Une simulation personnalisée reste indispensable car chaque situation est différente selon le niveau de revenus, la tranche marginale d'IR et les droits sociaux souhaités.
Oui, il est possible de verser un acompte sur dividendes en cours d'exercice, sans attendre l'approbation des comptes annuels. À condition qu'un expert-comptable certifie l'existence d'un bénéfice distribuable suffisant. Attention : l'acompte ne peut excéder le bénéfice prévisionnel, et une régularisation est effectuée à la clôture si le bénéfice réel est inférieur aux acomptes versés.
Contactez-nous pour un premier échange gratuit et sans engagement
Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l'Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.
Mis à jour en 2026

.jpg)


