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Amortissement dégressif ou linéaire : comment choisir pour votre entreprise

Amortissement dégressif ou linéaire

Thématique : Comptabilité

Choisir entre amortissement dégressif et amortissement linéaire pour un investissement professionnel n'est pas qu'une question technique : cela peut modifier significativement le calendrier de votre impôt sur les sociétés au cours des premières années. Ce guide détaille le fonctionnement des deux méthodes, les conditions d'éligibilité au dégressif, et dans quels cas ce choix mérite d'être fait.

Deux logiques de répartition de la charge très différentes

L'amortissement linéaire répartit le coût d'un bien de façon strictement identique sur chaque exercice de sa durée d'utilisation : une machine amortie sur 5 ans génère chaque année la même dotation aux amortissements, soit 20 % de sa valeur. L'amortissement dégressif, à l'inverse, concentre une charge plus importante sur les premières années, avec des annuités décroissantes au fil du temps, reflétant l'idée que la perte de valeur d'un bien est souvent plus marquée en début d'exploitation.

Les conditions pour bénéficier de l'amortissement dégressif

Le dégressif reste une option, jamais une obligation : l'entreprise peut toujours préférer le linéaire pour une charge stable et prévisible. Pour en bénéficier, un bien doit toutefois répondre à des conditions précises : être acquis à l'état neuf, et avoir une durée normale d'utilisation supérieure à 3 ans. Ce choix s'effectue bien par bien, au moment de sa mise en service, et devient irrévocable une fois pris.

⚠️ Des exclusions fréquemment ignorées : certains biens restent systématiquement exclus du dégressif, même s'ils remplissent les conditions de durée et de nouveauté : les biens d'occasion, le mobilier, les constructions, et surtout les véhicules de tourisme, qui ne peuvent jamais être amortis en dégressif, même lorsqu'ils sont exclusivement affectés à un usage professionnel.
Amortissement dégressif ou linéaire entreprise - Arona Expertise Meylan
Arona Expertise accompagne les entreprises de l'Isère dans le choix de leur méthode d'amortissement

Le calcul du taux dégressif

Le taux d'amortissement dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire (100 % divisé par la durée d'utilisation) par un coefficient fixé par l'article 39 A du Code général des impôts, variable selon la durée du bien :

Durée de 3 ou 4 ans : coefficient 1,25
Durée de 5 ou 6 ans : coefficient 1,75
Durée de 7 ans ou plus : coefficient 2,25

Pour un bien amorti sur 5 ans par exemple, le taux dégressif s'élève à (100 / 5) × 1,75, soit 35 % par an. Contrairement au linéaire, ce taux s'applique chaque année à la valeur nette comptable du bien, et non à son prix d'achat initial : l'annuité diminue donc mécaniquement d'une année sur l'autre. Autre différence technique : le calcul dégressif démarre dès le premier jour du mois d'acquisition du bien, alors que le linéaire démarre au premier jour de sa mise en service effective.

Calcul taux amortissement dégressif - Arona Expertise
Cabinet Arona Expertise : Meylan, Inovallée

La bascule automatique vers le linéaire

Un mécanisme de sécurité est intégré au régime dégressif : dès que l'annuité dégressive calculée devient inférieure à l'annuité qui résulterait d'un calcul linéaire sur la durée restante, l'entreprise doit obligatoirement basculer vers le linéaire pour les annuités restantes. Ce mécanisme évite qu'un bien ne soit jamais totalement amorti, ce qui se produirait mathématiquement si le dégressif était appliqué jusqu'au bout.

L'amortissement dérogatoire, une écriture à ne pas oublier

Lorsque l'amortissement fiscal dégressif dépasse l'amortissement économique réel du bien (généralement calculé en linéaire), l'écart doit être constaté sous forme d'amortissement dérogatoire, au débit du compte 687 et au crédit du compte 145. Cette écriture permet de distinguer la dotation aux amortissements qui reflète l'usure réelle du bien, de la part purement fiscale de l'avantage obtenu.

Dans quels cas privilégier le dégressif ?

Le dégressif présente un avantage réel de trésorerie à court terme : en concentrant la charge déductible sur les premières années, il réduit plus rapidement l'impôt sur les sociétés dû, ce qui peut s'avérer précieux pour une entreprise en phase d'investissement. Ce choix reste toutefois moins pertinent pour une entreprise faiblement ou non bénéficiaire : l'avantage fiscal du dégressif ne se matérialise que si l'entreprise dispose d'un résultat imposable suffisant pour absorber la charge accrue des premières années.

Ce qu'il faut retenir

  • Le linéaire répartit la charge de façon constante, le dégressif la concentre sur les premières années
  • Le dégressif suppose un bien neuf, d'une durée d'utilisation supérieure à 3 ans, et exclut notamment les véhicules de tourisme et les biens d'occasion
  • Le taux dégressif se calcule en multipliant le taux linéaire par un coefficient (1,25 / 1,75 / 2,25 selon la durée)
  • Une bascule automatique vers le linéaire intervient dès que l'annuité dégressive devient inférieure à l'annuité linéaire restante
  • L'écart entre dégressif fiscal et linéaire économique doit être constaté en amortissement dérogatoire (compte 145/687)
  • Le dégressif est surtout avantageux pour une entreprise suffisamment bénéficiaire pour valoriser l'avantage fiscal des premières années

FAQ : Amortissement dégressif ou linéaire

Non, les véhicules de tourisme sont systématiquement exclus du régime de l'amortissement dégressif, même lorsqu'ils sont exclusivement utilisés dans le cadre de l'activité professionnelle de l'entreprise. Seul l'amortissement linéaire est autorisé pour ce type de bien.

Non, le choix s'effectue bien par bien au moment de sa mise en service, et devient irrévocable pour toute la durée de son amortissement, sous réserve de la bascule automatique et obligatoire vers le linéaire prévue par les textes lorsque l'annuité dégressive devient inférieure à l'annuité linéaire restante.

Pas nécessairement. L'avantage du dégressif réside dans la réduction accélérée de l'impôt sur les sociétés dû, ce qui suppose un résultat imposable suffisant. Une entreprise déficitaire ou faiblement bénéficiaire ne tire pas le même bénéfice de cette accélération, et peut préférer le linéaire pour une charge plus stable et prévisible dans le temps.

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Article rédigé par Arona Expertise, cabinet comptable à Meylan, au service des entrepreneurs de Grenoble et de l'Isère dans la gestion comptable, fiscale et juridique.

Sources : bofip.impots.gouv.fr (régime de l'amortissement dégressif), article 39 A du Code général des impôts

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